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    I- Argumentation

    • Quels sont , selon vous, les avantages, la portée et l'efficacité du dialogue argumentatif par voie de presse ou par communication épistolaire ( lettres ouvertes, par exemple?)

    - Par voie de presse = articles de journaux, éditorial, documentaire filmé : le dialogue argumentatif et la lettre ouverte sont en réalité un dialogue "différé". Le locuteur s'adresse au lecteur comme s'il était en sa présence. Mais l'absence de réponse du destinataire, (du moins immédiate), lui permet de développer toute son argumentation sans interruption.

    - par ailleurs, il permet également à l'auteur d'aborder éventellement la thèse de son opposant, de la contredire, sans lui donner l'opportunité de se défendre.

    - ce genre argumentatif repose aussi sur une forte implication de locuteur mais aussi du destinataire qu'il peut interpeller par des questions rhétoriques, qu'il peut associer à sa cause par l'emploi du pronom "nous".

    • Vous vous interrogerez sur l'efficacité des différentes formes de l'argumentation.

    - voir le tableau effectué en classe sur les avantages et les inconvénients de l'argumentation directe et de l'argumentation indirecte. + dissertation dans la rubrique "les genres argumentatifs", menu de gauche.

    • Pensez-vous que la littérature soit une bonne arme contre les inégalités ou les abus humains?

    - cf. l'excellent plan détaillé d'élèves de seconde dans "Correction des devoirs 2de".

    • Quels genre(s) et quel(s) registre vous semblent le(s) plus efficace(s)?

    - Chaque genre possède des atouts qui lui sont propres : le roman séduit par son histoire, permet l'identification du lecteur avec le personnage; il peut être documenté ( roman réaliste, historique). Le théâtre atteint le spectateur par la mise en scène et le jeu des acteurs : un comédien peut rendre un personnage odieux ou au contraire attirant. L'opposition de deux opinions est plus claire jouée par deux acteurs. Tout fait sens , le décor ( comme la décharge pour Médée, la roulotte...)les costumes... ( cf. les mises en scène de Médée et de la Guerre de Toie...). La poésie nous touche par ses images puissantes; ses vers, son rythme, qui aide également à mémoriser comme un refrain. La composition en strophes peut aussi mettre en valeur une chute, comme Le Dormeur du Val de Rimbaud . L'apologue, par sa forme brève , facilite aussi la diffusion des idées...

    - Les registres ont, de même, leurs avantages respectifs : toucher, émouvoir, (pathétique) impressionner ( épique), indigner, interpeller (polémique), établir une complicité (ironique...

    - l'important, est de pouvoir adapter le genre et le registre au sujet et au destinataire.

    • Pensez-vous que l'on puisse traiter de sujets sérieux sur n'importe quel ton, y compris en ayant recours à l'humour?

    - vaste sujet et d'actualité si l'on pense à l'attentat contre Charlie Hebdo. Un adage dit qu'on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui.

    - la caricature permet de dénoncer un vice en le grossissant au point de le ridiculiser ( L'Avare, de Molière). La satire peut être efficace pour révéler l'absurdité de problèmes très sérieux, comme la guerre,  ou l'autodafé dans Candide.

    - quand l'ironie est employée, on doit s'assurer qu'elle est compréhensible ou à la portée du destinataire.

    - le registre comique ne doit pas blesser la sensibilité ni les valeurs de celui que l'on veut convaincre.

    • Dans quelle mesure, selon vous, le travail de l'écrivain est-il utile, et même indispensable , pour lui-même comme pour la société?

    - pour lui -même : surmonter une épreuve ( Victor Hugo et la mort de sa fille); dialoguer avec lui-même, essayer de délibérer (Diderot et ses dialogues);  réfléchir sur sa vie, ses expériences (autobiographie); laisser des traces de son passage sur terre, des souvenirs de son passé, de son enfance (les autobiographies, journaux intimes, récits sur la famille, la mère, le père...) Comprendre qui il est, se justifier ( Rousseau et ses confessions)

    - pour la société : distraire, instruire (didactique), faire réfléchir ( essais, apologue, utopie et dystopie) porter témoignage ( littérature réaliste ou de mémoire), s'impliquer dans des débats  de société ( la peine de mort, l'esclavage) ; mais aussi faire rêver, émouvoir...

    II- Roman

    • Attendez-vous d'un héros romanesque qu'il soit extraordinaire?

    - extraordinaire : héros originel, comme dans l'épopée, parfois semi-dieu : doué de qualités exceptionnelles,  morales, mentales, physiques. Il accomplit des exploits, relève des défis, poursuit des quêtes. Permet au lecteur de rêver, de s'émerveiller, d'éprouver des émotions fortes. Il lui permet également, grâce au processus d'identification, de vivre des aventures à travers à lui. Il peut servir de modèle, inspirer...Il est aussi à même d'incarner les valeurs d'une société. Il favorise par ailleurs le déroulement de péripéties haletantes et passionnantes grâce aux capacités qui sont les siennes.

    - il peut être extraordinaire dans le mal : personnage machiavélique qui impressionne, provoque des frissons de peur. Le lecteur peut aussi se soulager de ses pulsions négatives à travers lui, commettre des actes de violence "par procuration". Il est aussi pour le héros positif le contre-point, celui qui crée une tension, un suspense. On peut l'admirer autant que le héros extraordinaire positif, pour sa force impressionnante, son intelligence aiguë, son pouvoir...

    - mais un personnage banal, médiocre, peut pareillement intéresser le lecteur : identification plus facile, aventures à la portée du lecteur. Il incarne son époque, sa condition. Il conduit le lecteur à s'interroger sur lui-même. 

    • D'autres sujets sur le roman en plans détaillés dans "correction devoirs 2de".

    III- Poésie

    • Discutez la formule de Mallarmé : "Ce n'est point avec des idées qu'on fait des vers...c'est avec des mots."

    - poésie avec des idées : poésie didactique (fable), poésie engagée, poésie de l'éloge (blason) + expression de sentiments = poésie qui véhicule un enseignement, une réflexion, une appréciation. Le sens prime, le message est premier. Le poète écrit pour nous "dire" queque chose.

    - c'est avec des mots :  les mots sont alors considérés comme un matériau avec lequel on crée, on fabrique.Ils ne servent plus uniquement à communiquer, ils  sont utilisés dans toutes leurs dimensions : signifiant et signifié, sonorité, connotation....les mots deviennent des images ( métaphore, comparaison, allégorie...) leur sonorité construit une musique, suggère une réalité (harmonie imitative)...

    • Attendez-vous de la poésie qu'elle soit nécessairement musicale?

    - La poésie est à l'origine musicale : mythe d’Orphée et de sa lyre. + Les aèdes grecs qui chantaient leurs longs poèmes + les troubadours et les trouvères ...

    - La musicalité est primordiale pour certains poètes, elle transporte ( Verlaine :" de la Musique avant toute chose...", Baudelaire : "La musique souvent me prend comme une mer !)

    - Mais d'autres poètes assignent à la poésie une fonction qui prime sur la musicalité : poésie engagée, expression de sentiments : le sens est le plus important.

    - enfin, pour  la plupart des poètes, c'est le travail sur les mots, leurs images, leurs connotations, leurs associations surprenantes qui comptent, et pas seulement la musicalité.

     

    • La poésie est-elle seulement l'expression de sentiments personnels?

    - origine : lyre, lyrisme. Pour le poète : exprimer ce qui le touche, le hante ( l'amour , la mort, le temps qui passe...)

    - Mais ce "personnel" concerne tous les hommes : "quand je parle de moi, je parle de vous", Victor Hugo).

    - Néanmoins, bien d'autres fonctions : voir le schéma fait en classe...

    Je vous laisse, je cours au stage des futures 1ère L !

    • Peut-on parler de tout en poésie?

    - Dans le langage courant, "poétique" est assimilé à romantique.  La poésie est souvent associé à l'amour, à la plainte, ou à la célébration de l'être aimé. Elle est liée à l'expression de sentiments personnels. Il existe ainsi des thèmes privilégiés dans ce genre littéraire, comme l'évasion, le voyage, le temps qui passe).

    - mais certains poètes préfèrent utiliser la poésie pour défendre une cause ( les poètes de la résistance, Desnos, Eluard...) ou pour s'insurger contre des injustices : Souvenir de la nuit du 4 de Victor Hugo). Ou  encore pour divulguer une morale ou un enseignement  ( poésie didactique, comme les fables). On peut donc aborder également des problèmes de société. La poésie peut être moraliste ou politique.

    - par ailleurs, même les choses les plus viles, ou les plus banales, peuvent devenir des "objets" poétiques, grâce à cet art du langage : dans Le Parti pris des choses,  Francis Ponge décrit des objets quotidiens en leur offrant une toute autre dimension, ils se transforment, ils se métamorphosent sous nos yeux : le cageot, le pain, l'huître...). Baudelaire, dans Les Fleurs du Mal, décrit le cadavre en décomposition d'un animal jeté sur le bas-côté. La Charogne devient ainsi un poème singulier où le poète s'adresse à sa compagne pour lui prédire un semblable avenir.

     

    IV- Théâtre

    • Dans quelle mesure le costume de théâtre joue-t-il un rôle important dans la représentation d'une pièce et contribue-t-il à l'élaboration de son sens pour le spectateur?

    - correction sous forme de diaporama que j'ai conçu l'an passé, pour illustrer les arguments par des exemples de costumes et que ce soit plus parlant pour les élèves:

    V- Les réécritures

    • Dans  quelle mesure la réécriture est-elle un acte de fidélité ou d'infidélité par rapport à un texte source?

    acte de fidélité : réécriture d'un mythe, Robinson de Tournier,  les multiples Don Juan : l'histoire de base, le titre, les personnages sont les mêmes. Il y a un lien , un cordon ombilical avoué et revendiqué.

    De la même façon, une mise en scène ou une adaptation cinématographique conservent ou le texte, ou l'histoire, les personnages.

    - acte d'infidélité : en réécrivant, en adapatant, l'auteur opère nécessairement des modifications. Il peut en avoir la pleine liberté, s'il s'agit d'un patrimoine culturel commun, d'une figure déjà réemployée de multiple fois, comme Médée, Phèdre, ou Don Juan...

    Le metteur en scène ou le réalisateur sont obligés également d'apporter de leur propre imagination, créativité, car même en respectant le texte au pied de la lettre, ils doivent choisir les acteurs, diriger le jeu. Pour le cinéma, les impératifs sont différents ( voir les choix de Giono pour son film, sur l'âge des acteurs, le caractère de Langlois, l'inversion des séquences et les explcations que nous en avons donné en cours).

    - Parfois, on peut aller plus loin que l'infidélité et parler de trahison : voir Ionesco et les representations à New York de Rhinocéros.

    • Partagez-vous l'opinion de Jacques Borel quand il écrit : "...les œuvres ne naissent pas, jamais, d'un contact avec le réel, mais de l'horizon avant elles de toutes les œuvres?

    - l'inspiration de l'écrivain provient-elle de ses lectures ou du monde qui l'entoure et de son vécu?

    - toute oeuvre littéraire se nourrit de ce que l'écrivain a lu auparavant. L'intertextualité peut être involontaire, inconsciente. Ainsi, des topos littéraires apparaissent , comme la scène de rencontre dans le roman d'amour, comme le récit des toutes premières années dans l'autobiographie...L'intertextualité peut être volontaire. Baudelaire avoue avoir été inspiré par Gaspard de la Nuit pour écrire ses poèmes en prose dans Le Spleen de Paris. Diderot prenant comme point de départ Le Voyage autour du monde de Bougainville pour rédiger Le Supplément...

    - Les réécritures, des mythes , par exemple, ( Antigone, Médée, La Guerre de Troie) affichent également leurs origines antiques. Il en va de même pour certains genres nés dans l'Antiquité et repris par les auteurs classiques pour qui les "Anciens" sont des modèles de perfection : La Bruyère et ses Caractères, imitant les portraits de Théophraste. La Fontaine développant en vers les fables d'Esope. Molière s'inspirant de La Marmite de Plaute, pour écrire L'Avare...

    - Mais il est évident que le contact avec le réel est aussi à la source de l'écriture. Les écrivains peuvent être les témoins de leur époque ( réalistes et naturalistes), s'inspirerd'un fait divers ( Stendhal et Le Rouge et Le Noir) de leur vécu ( poètes, romanciers, dramaturges : cf Ionesco et son traumatisme dû à la montée du nazisme en Europe de l'Est, à l'origine de Rhinocéros, ou encore Voltaire  profondément touché par le tremblement de terre destructeur de Lisbonne, et qui se lance dans l'écriture de Candide, contre l'optimisme de Leibniz. Ou encore la publication du Traité sur la Tolérance, après l'affaire Calas...)

     

     Terminé ! à vous !cool

     


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