• Répondre aux problématiques qui guident l'étude de chaque séquence

     

     

    1. Le personnage de Roman.

    • GT : quelle image de la société la culpabilité du personnage donne-t-elle?
    • OC : Quel est le sens du titre?

    Séquence 1 : Les amours coupables en littérature 

    La culpabilité est un sentiment de faute lié à la transgression des valeurs d'un groupe social ou des principes  moraux qui guident un être humain. Certaines conceptions du bien et du mal semblent immuables d'une époque à une autre (mais non universelles), d'autres se modifient selon l'évolution des mœurs.

    - Groupement de textes : lectures analytiques et cursives

    Quelle image de la société la "culpabilité" du personnage met-elle en relief?

    1.- La Princesse de Clèves- Madame de La Fayette : "-Hé! croyez-vous le pouvoir, madame? s'écria M. de Nemours. Pensez-vous que vos résolutions tiennent contre un homme qui vous adore(...) Elle sortit en disant ces paroles, sans que M. de Nemours pût la retenir."

    2. - Les Liaisons dangereuses- Choderlos de Laclos : Lettre 4. "Ne vous fâchez pas et écoutez-moi. Dépositaire de tous les secrets de mon cœur (...) Adieu, ma très belle amie : sans rancune."

    - Manon Lescaut- Abbé Presvot : lecture cursive obligatoire

    3.- Pierre et Jean- Maupassant : Chapitre v -"Voilà, dit-elle, je l'ai retrouvé presque tout de suite. (...) Rencontrant de nouveau les yeux de sa mère, il lui parurent changés, troubles et hagards."

     

    La Muette- C-Djavann : lecture cursive obligatoire

    Le groupement de textes suit un ordre chronologique. Ce choix permet d'étudier l'évolution de la société.

    - dans La Princesse de Clèves , c'est la passion en elle-même qui donne un sentiment de culpabilité : la princesse se sent responsable de la mort de son époux, provoquée indirectement par son aveu fatal ; non celui d'une faute commise, il n'y a pas eu d'adultère, mais l'aveu d'une passion illégétime pour le duc de Nemours. Malgré son veuvage, Madame de Clèves ne se sent pas libre : par respect envers la mémoire de son mari, par bienséance, mais surtout, parce qu'elle sait que si elle s'adonne à cet amour, elle souffrira : elle sait les hommes inconstants. Elle préfère la tranquillité du renoncement aux affres de la passion.

    - dans Les Liaisons dangereuses et dans Manon Lescaut, nous avons affaire à des libertins, représentatifs du courant qui se développe en France au début du XVIIIe : Manon, Madame de Merteuil et Valmont n'ont aucun scrupule à assouvir leur plaisir, même au détriment des autres. Individualistes, ils ne connaissent pas la notion de culpabilité. Néanmoins, Valmont et Manon évolueront au cours du récit, par amour véritable. Les deux personnages, dans leur roman respectif, mourront dans une certaine forme de repentir : Valmont se laisse tuer en duel après avoir causé la perte de la femme qu'il aimait, en niant le véritable amour qu'il avait pour elle. Manon, après avoir décidé de mener une vie rangée auprès de son amour, le chevalier Des Grieux, expire dans le désert, comme pour racheter ses fautes.

    - dans Pierre et Jean, l'adultère est considéré comme une faute morale et sociale. Nous sommes au XIXe siècle, dans une société bourgeoise, qui a besoin de stabilité : règne de l'argent, des affaires, du commerce. La famille est le pilier de cette stabilité : la mère est à son tour le pilier de la famille. La mère qui a une aventure hors mariage est une pêcheresse, vis-à-vis de son mari, de la société, de ses enfants ( on voit bien ici le rôle de l'argent, le problème de l'héritage : le patrimoine familial risque d'être transmis à un enfant illégitime). On voit également la question de la jalousie, présente dans la Princesse de Clèves : dans Pierre et Jean, la particularité est que le fils se substitue au père dans le ressentiment.

    - dans la lecture cursive, La Muette, on comprend tout le poids de la religion et de l'intolérance, du fanatisme. Les personnages féminins sont asservis, réprimés, les lois donnent tout pouvoir aux hommes. C'est la société et l'Etat qui condamnent les amours hors mariage, même si les deux amants sont célibataires. La muette est tout simplement coupable d'aimer : ses sentiments, son désir pour l'homme qu'elle aime et sa liberté lui coûteront la vie.

    Séquence 2 : étude d'une oeuvre complète : Un Roi sans divertissement

    Quelle vision de la nature humaine ce roman propose-t-il? Quel est le sens du titre?

    Cette oeuvre romanesque qui fut au programme de Terminale L en 2004 et 2005 nous amène à réfléchir sur la condition humaine. Son titre ainsi que la dernière phrase du roman se réfèrent à une affirmation de Pascal : "Un roi sans divertissement est un homme plein de misères". Giono dépasse et renverse le sens que Pascal donnait à cette phrase; en effet, pour le philosophe du XVIIe siècle, elle signifie que tout être humain, même un roi, doit trouver des "divertissements" qui l'empêchent de penser à sa condition de mortel. Mais Pascal tend à démontrer que ce ne sont que subterfuges passagers qui n'éloignent pas l'homme de sa misère et que seule la foi en Dieu est salvatrice. Giono s'attache davantage à la notion de cruauté chez l'être humain, à ce désir de cruauté qui cherche à rompre avec la monotonie de l'existence.  

     

    Giono a proposé lui-même, dans le Carnet du roman, un résumé possible de l'intrigue d'Un Roi sans divertissement à travers le portrait moral de Langlois, son protagoniste central : « C'est le drame du justicier qui porte en lui-même les turpitudes qu'il punit chez les autres. Il se tue quand il sait qu'il est capable de s'y livrer. [...] Quelqu'un qui connaîtrait le besoin de cruauté de tous les hommes, étant homme, et, voyant monter en lui cette cruauté, se supprime pour supprimer la cruauté.»

     

    2. Le texte théâtral et sa représentation du XVIIe siècle à nos jours

    • GT : comment représenter le mal au théâtre?
    • OC : Pourquoi actualiser un mythe?

     

    Séquence 1 : Représenter le mal au théâtre

    " Qu'est-ce que le mal? Cette question constitue sans doute le cœur de la pensée morale. La réponse n'est pas aussi évidente que l'on pourrait le croire de prime abord. S'il est vrai que chacun a l'intuition de ce qu'est le mal, il est difficile de le définir d'une manière rationnelle, peut-être parce que le mal est un défi à la raison et à la bonne foi. Son existence nous apparaît comme un scandale, sa victoire une aberration, qui nous humilie dans notre humanité même.

    Le théâtre a une supériorité sur le roman dans le traitement de ce problème universel : art de la présence physique, il peut incarner le mal dans des personnages monstrueux, et nous rendre sensible son pouvoir à travers leur présence sur scène. On trouve à travers l'histoire du théâtre une impressionnante galerie de monstres, dont la personnalité troublante exprime plus puissamment que ne peut le faire un récit ce "mystère d'injustice " qu'est le mal. " Michel Viegnes, Le Théâtre- Problématiques essentielles- Histoire Littéraire, Hatier. (1992)

    Groupement de textes : lectures analytiques et cursives

    Comment représenter le mal au théâtre?

    7.- Phèdre, Racine : Acte I, scène 3 : Phèdre . - Mon mal vient de plus loin (...) Un reste de chaleur tout prêt à s'exhaler."

    8.- Ubu Roi, Jarry : Acte III, scène 3 : " Un paysan, entrant . - Apprenez la grande nouvelle (...) Ubu reste à ramasser la finance."

    9.-Caligula, Camus : Acte II, scène 5 : " Il mange, les autres aussi. (...) Mucius, à contrecœur. - A tes ordres, Caïus."

    10.- Rhinocéros, Ionesco : Acte III, le monologue final : " Béranger.- Je ne suis pas tout à fait seul maintenant (...) Contre tout le monde, je me défendrai ! Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu'au bout ! Je ne capitule pas ! RIDEAU"

    (1ère L : Médée- Anouilh et Corneille dans l'objet d'étude : Les Réécritures)

    - Phèdre : le mal est la passion. Cette passion est tragique, inspirée par Vénus. La longue tirade de Phèdre permet l'examen de ses sentiments, présentés comme une maladie ( comme un mal) et contre lesquels elle combat en vain. Mise en évidence de la faiblesse humaine et du poids du destin.

    - Ubu Roi : le mal est la tyrannie . Il est incarné par le personnage grotesque d'Ubu, qui par sa vugarité et son abus de pouvoir , rend ce mal insupportable et totalement dénué de sens.

    - Caligula : le mal est l'absurdité de la vie. Cette absurdité est rendue visible par la mise en scène, par le jeu des personnages qui obéissent sans se révolter à un tyran capricieux qui s'amusent de leur souffrance et leur impose sa volonté de destruction.

     

    - Rhinocéros, Ionesco : lecture cursive obligatoire

    - le mal est le totalitarisme mais aussi la foule insensée qui suit le mouvement dominant : ce mal est bien représenté par la maladie ( mal) , la contagion, la transformation progressive des personnages humains en rhincéros.

    - Médée : le mal prend plusieurs formes : la trahison, l'infanticide, le rejet de l'étranger, selon les versions. Médée, par sa déraison, sa colère, sa vengeance, ses crimes, incarne le mal. Mais Jason et Créon sont aussi, par leur rôle dans la pièce, les porte-parole d'un mal plus insidieux, moins visible : le renoncement, le compromis, la trahison.

    On constate que le mal est facilement représentable au théâtre par des personnages monstrueux, qui sont dans l'excès, et par une intrigue et une mise en scène qui montrent que leur pouvoir destructeur anéantit tout.

     Séquence 2 : La Guerre de Troie n'aura pas lieu- Jean Giraudoux

    Pourquoi actualiser un mythe?

    Représentée la première fois le 21 novembre 1935, La Guerre de Troie n'aura pas lieu s'inscrit dans une période où l'Europe commence à voir se profiler la possibilité d'un nouveau conflit européen. Comme le titre le suggère, cette pièce est , selon les dires mêmes de son auteur "une comédie tragique". Inspirée du mythe fondateur qu'est l' Iliade, elle en modifie les perspectives comme elle joue sur les registres et les niveaux de langue. Une oeuvre très riche en références littéraires et une réflexion profondément humaniste sur la guerre et la fatalité. Ce titre surprenant, paradoxal, invite d'emblée à se poser des questions essentielles : mais qu'est-ce qui conduit à la guerre? Celle-ci est-elle inévitable? Quels enjeux pour l'être humain?

    - le titre : il suggère la possibilité de s'opposer au destin, puisque tout le monde sait qu'elle a eu lieu, du moins dans l'Iliade. Pourtant , la fin de la pièce nous montre qu'il n'en est rien. Et c'est bien ce qui se passera dans la réalité : la seconde guerre mondiale ne pourra être évitée. Giraudoux, en tant que diplomate, sait que même si la raison est la sagesse sont du côté des pacifistes, les bellicistes qui gouvernent l'Europe parviendront à leurs fins.

    La Guerre de Troie n'aura pas lieu offre également un intérêt particulier pour l'étude de la mise en scène :  Giraudoux travaillait depuis plusieurs années avec le metteur en scène et acteur Louis Jouvet, et il n'hésitait pas à modifier son texte lorsque les répétitions influençaient sa vision de la pièce et de sa représentation.

    3. Ecriture poétique et quête du sens

    • Comment la poésie permet-elle d'abolir les frontières du monde et de l'espace?

    La poésie traduit le monde qui nous entoure d'une manière particulière, non seulement en ayant recours au signifié des mots, à leur dénotation, mais aussi en utilisant le pouvoir des sons, du rythme, et la puissance évocatrice des images.

    Comment la poésie permet-elle d'abolir les frontières du monde et de l'espace?

    Les cinq poèmes  étudiés nous permettent de voyager dans le temps et dans l'espace :

    Fantaisie, grâce à la musicalité du poème (thème et forme) , permet de relier un vieil air à une époque ancienne.  La disposition en strophes et les enjambements miment ce voyage dans le temps, nous le font ressentir, à travers une focalisation toujours plus rapprochée. L'effet de chute au dernier vers nous amène à comprendre que le poète croit en la réincarnation des âmes et en une vie antérieure ( métempsychose).

    De même ,  le sonnet A une passante  nous conduit d'un souvenir passé aux regrets présents du poète. Par l'appel aux sens, comme dans les autres poèmes, Baudelaire parvient à matérialiser la présence de l'inconnue : le rythme participe également à l'illusion de sa présence, il nous semble la voir marcher devant nous, puis passer, en se balançant doucement. Elle avance de vers en vers, liée au passé et au futur, à la vie et à la mort.

    Ondine effectue un rapprochement entre deux mondes, de chaque côté de la vitre où s'écoule la pluie. La musique, une fois de plus, nous donne à entendre les gouttes qui frappent à la fenêtre. Les images employés, les répétitons immédiates, les allitérations font surgir sous nos yeux ce monde marin fait de métamorphoses. Rêve? Réalité? Nous ne savons plus bien. 

    Marie parvient à nous faire ressentir le temps qui passe, grâce à de semblables procédés : le jeu sur les temps et les époques, les reprises d'images ,les échos sonores et les enjambements qui expriment conjointement la fluidité, l'écoulement ininterrompu des jours. Par des refrains, le poète exprime, par opposition, la permanence de sa peine. 

    Ma Bohême nous plonge dans les souvenirs de Rimbaud. Ce poème fait l'éloge de la poésie qui surgit tout naturellement du vagabondage et de la rêverie. Le jeune poète parvient à nous communiquer la sensation de bonheur et de légèreté qu'il éprouvait lors de ses fugues. Les images poétiques naissent de la peinture de la nature qui elle-même suggère la liberté. La réalité ( dénuement, pauvreté, fatigue) se métamorphose en un tableau poétique. 

     

     

    4. La question de l'homme dans les genres de l'argumentation.

    • Quel regard porte-t-on sur l' "autre"?

    Séquence 1 : Vivre avec l'autre

    Ce groupement de textes nous conduit à réfléchir à la vie en société, aux valeurs et aux principes qui les gouvernent :

    Est-on prêt à accepter celui qui est différent? Quel regard porte-t-on sur lui?

    Les différences évoquées dans ces différents textes sont d'ordre différent : 

    • Prière à Dieu  de Voltaire: religieuses
    • Gnathon de La Bruyère: sociales ( le pouvoir du "grand")
    • Choses vues  de Victor Hugo : éconmiques et politiques ( les riches et les pauvres et la nécessité de protéger les plus indignents par des lois).
    • Le Supplément au Voyage de Bougainville  de Diderot: culturelles, suscitant chez le lecteur une réflexion sur l'ethnocentrisme et le relativisme culturel.

    Tous ces textes défendent la tolérance, le respect d'autrui, l'accepation des différences quand elles sont culturelles ou religieuses : ne nous déchirons pas, dit Voltaire, pour de minimes et stupides différences. Vivons à Tahiti comme des tahitiens, et en Europe comme des européens, nous conseille Diderot. Par contre, les deux autres textes dénoncent l'injustice des différences sociales et critiquent l'indifférence des riches et des puissants vis-à-vis des autres dont ils semblent totalement  ignorer l'existence. 

    Vous aviez là tous les exemples nécessaires pour traiter la dissertation du sujet S/ES !

    Séquence 2 : Le Supplément au Voyage de Bougianville

     Conte philosophique à la forme variée ( narration, discours, dialogues...) qui aborde la question essentielle du relativisme culturel mais aussi du rapport entre les lois sociales et les lois morales. Peut-on  désobéir aux lois lorsqu'elles nous semblent mauvaises? Mon modèle de société est-il forcément le meilleur? Jusqu'où peut-on être libre ? Qu'est-ce que le bonheur? Autant de sujets chers aux philosophes des Lumières.

      

    5. L'Humanisme (L)

    • Comment le siècle des humanistes et de la Renaissance va-t-il passer de l'espoir à la désillusion?
    • L'espoir :

    -  espoir d'une société meilleure, plus juste, plus éduquée ( l'Utopie)

    - foi en l'homme, en sa nature ( Des Coches) quelle que soit son origine.

    - désir de tout connaître, de tout savoir, croyance en la science  ( textes sur l'Education. Début du poème de Du Bellay, Je me ferai savant...)

    - règne de la réflexion : Création d'une université libre de la religion ( Le Collège de France), naissance du genre de l'essai, qui pousse à réfléchir, à examiner...La réforme de l'Eglise par les protestants.

    - l'amour des arts, d'une vie plus raffinée ( les châteaux de la Loire)

    • la désillusion :

    - le comportement des européens envers les indiens

    - la censure de l'église sur certaines découvertes ou pratiques  scientifiques, comme l'héliocentrisme, la dissection...

    - les guerres de religion, particulièrement violentes et meurtrières ( huit au cours du siècle)

     

     

    6. Les Réécritures (L)

    • Médée : une héroïne ou une anti-héroïne?

    1. Une héroïne :

    - personnage puissant, pouvoirs d'une magicienne, d'une déesse : cf. les charmes qu'elle utilise pour permettre à Jason de s'accaparer de la toison d'or.

    - une amante passionnée et fidèle : elle est capable de tout pour l'homme qu'elle aime, elle sacrifie sa famille, son statut de reine, elle renonce à son pays, à sa vie. Elle l'aide inconditionnellement.

    - elle apparaît également comme "intègre", "pure", chez Anouilh, refusant les compromis et la médiocrité.

    2. Une anti-héroïne :

    - jalouse, vengeresse, criminelle, cynique ( chez Corneille), et bien-sûr, infanticide.

     


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