• Biographie

    François Rabelais- 1494-1553

     

    I- Enfance et Formation:

     - origines familiales : milieu bourgeois aisé. Son père est avocat à Chinon.

    - il est probable que  son enfance se soit déroulée dans la campagne de Touraine, lieu principal de l'action dans Pantagruel et Gargantua, et où sa famille possède deux résidences.

    - il reçoit un enseignement traditionnel :

    • trivium : grammaire, rhétorique, dialectique
    • quadrivum : arithmétique, géométrie musique et astronomie.

    Cet enseignement repose davantage sur la mémoire  que sur la réflexion.

     

    II- Rabelais : un moine humaniste.

    - à  27 ans, il se fait moine dans l'ordre des franciscains. Il est initié aux disputes théologiques ( débats qui reposent sur la rhétorique  sophiste, basée essentiellement sur la logique formelle) propres à l'esprit du Moyen Âge. 

    - mais il fréquente parallèlement des lettrés dont il partage la passion pour l'Antiquité . Il échange des lettres en latin et en grec avec Guillaume Budé, célèbre humaniste qui, à Paris, s'évertue à gagner le roi François Ier aux idées nouvelles.

    - il entre également en contact avec un groupe de juristes humanistes qui lui permettent de se familiariser avec le droit : ils défendent un retour au droit romain, prétendant se défaire des gloses dont les juristes du Moyen âge ont encombré les textes juridiques.

    - avec quelques érudits, il forme une sorte de cénacle où on lit et commente les textes anciens ( Aristote, Platon...) en se réunissant sous des bosquets comme le faisaient les platoniciens.

     

    Cette prise de conscience  humaniste le pousse à rompre avec l'ordre des franciscains, hostile à la recherche intellectuelle et à cette nouvelle forme d'érudition, considérée comme subversive. Les livres de grec sont retirés par ordre de la Sorbonne qui lutte contre  l'étude de l'Ecriture Sainte dans les textes originaux. Le cénacle doit se disloquer.

    - Rabelais obtient l'autorisation du pape d'entrer dans l'ordre plus tolérant des bénédictins.

    - Rabelais est solidaire de l'évangélisme : revenir aux Evangiles en se fondant sur une meilleure connaissance des textes, dans la langue originale, sans passer par les commentaires de l'Eglise qui en  dénature le sens.

    III- Etudiant et médecin:

    - il accompagne son protecteur l'évêque d'Estissac dans ses nombreux déplacements : le Poitou, Bordeaux, Toulouse, Paris.... Il étudie le folklore local du Poitou, observe le milieu paysan puis étudiant dont il saura tirer par la suite de savoureuses satires.

    - défroqué, il prend l'habit de prêtre séculier  et obtient deux cures par la suite. Il fréquente des juristes humanistes et se fait remarquer par l'étendue de ses connaissances juridiques ( intérêt des humanistes pour le droit  car il permet de maintenir au sein de la société harmonie et justice). Il élargit sa culture humaniste en étudiant la physiologie, l'anatomie ainsi que les ouvrages de médecine d'Hippocrate en grec.

    - 1530 : Rabelais entreprend des études de médecine à Montpellier. 

    -1532 : il exerce apparemment en tant que médecin dans un grand hôpital, l'Hôtel Dieu de Lyon. Il pratique la chirurgie et la dissection, bien que l'Eglise condamne cette opération.

     

    IV- Son oeuvre littéraire

     Gargantua et Pantagruel racontent respectivement les aventures du père et du fils mais sont publiés dans un ordre inversé. Les deux oeuvres s'inspirent de l'épopée (destinée aux lettrés) et reproduisent en même temps le schéma du roman médiéval de chevalerie ( qui touche un plus large public) :

    • généalogie et naissance, accompagnés d'événements merveilleux
    • enfance , éducation et années d'apprentissage
    • et enfin, épisodes de guerre permettant de mettre en valeur les prouesses et les qualités du héros : courage et sagesse.

    Ces deux romans développent une idée majeure chez les humanistes : l'homme doit se montrer utile à la collectivité, mais ce but ne peut être atteint que par le savoir, d'où l'importance de l'éducation.

    D'autres valeurs et concepts humanistes sont abordés dans cette oeuvre épique et satirique : la religion, la guerre, la sagesse du roi pour conduire son peuple au bonheur. 

    - 1532 : publication, à Lyon, sous le pseudonyme d'Alcofribas Nasier ( anagramme de François Rabelais) de Pantagruel. Le succès est immédiat.

    -1534 : publication de Gargantua. Ce deuxième livre présente des idées et des perspectives plus approfondies que dans le premier, qui racontait la vie du fils du roi Gargantua. Les vues philosophiques et morales prennent le pas sur les récits de géants, proches de la tradition populaire du  Moyen Âge.

    Les deux ouvrages sont condamnés par la Sorbonne

     

    -1545 : Rabelais obtient un privilège royal pour imprimer librement ses livres pendant dix ans.

    - 1546 : publication du Tiers Livre, immédiatement condamné par la Sorbonne (enquête de Panurge sur le mariage).

    - 1552 : le Quart Livre ( voyage sur mer pour interroger la Divine bouteille).

    - 1564 : publication posthume du Cinquième Livre, dont l'authenticité est discutée.

     

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            L'Education de Gargantua                    Le déjeuner

     

    V- Rabelais et la religion :

    Rabelais s'attire les foudres aussi bien de l'Eglise catholique que des calvinistes.

    La réforme se manifeste d'abord par le mouvement évangéliste : retour à l'Evangile, à l'Ecriture Sainte considérée comme seule source authentique des croyances chétiennes, alors que selon l'orthodoxie catholique, l'Ecriture doit être complétée par la Tradition ( commentaires des pères de l'Eglise). La plupart des humanistes, en conflit avec la Sorbonne, sont de tendance évangélique. 

    Mais les évangélistes se distinguent par la suite des réformés par leur optimisme, leur naturalisme, leur foi en la bonté de Dieu, la bonté de l'homme et la charité. Les Réformés, quant à eux, sont pour l'austérité, le pessimisme et la grâce aux seuls élus de Dieu.

     

    VI- Conclusion : 

    - complexité de l'homme : dans sa vie et dans son oeuvre, Rabelais a su concilier ce qui peut, a priori, paraître contradictoire, en particulier sa foi chétienne et son naturalisme païen. Pour lui, il faut libérer le corps et l'esprit des contraintes du moyen âge, en faisant confiance  à la nature.

    - complexité de l'oeuvre : son oeuvre revêt également un caractère double ;  on peut la considérer comme la synthèse de différentes cultures :

    • une parodie d'épopée destinée, par conséquent, à un public cultivé.
    • mais le gigantisme de ses personnnages appartient davantage à l'héritage culturel populaire du Moyen âge. Il peut revêtir également une valeur symbolique : l'humanité, telle que la conçoit Rabelais, est vraiment géante, un "abîme de science" (Montaigne sera plusmesuré. Il appartient à une époque où on ne confond plus science et sagesse, où les guerres de religion, les voyages au Nouveau Monde ont fait tomber les illusions. En homme de la Renaissance, il se consacre toujours à une recherche de la sagesse, mais à la taille de l'homme).
    • mélange de culture profane, nourrie de l'Antiquité, et de culture chrétienne : syncrétisme.

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