• Les Essais-Montaigne

     

     

  • Les Essais- Lecture cursive : morceaux choisis

     

    Le Projet :

    • observations sur le monde et son époque
    • rendre hommage aux personnes qui l'ont marqué ( comme son ami La Boétie ) en mettant en avant les mêmes idées qui leur tenaient à cœur.
    • démarche d'introspection sous l'effet de ses préoccupations, comme l'intolérance religieuse qui déchirera la France.

    Cette démarche le conduira à l'autoportrait.

    Edition de Référence : Bibliolycée- Classiques Hachette- chapitres intégraux en version "bilingue"

    L'Essai comme autoportrait :

    - au lecteur, p.9 : 

    • quel pacte de lecture Montaigne établit-t-il avec son lecteur?
    • quels buts assigne-t-il à son ouvrage?

    - de l'oisiveté, p.11 à 15 :

    • quel reproche Montaigne formule-t-il contre l'oisiveté ? 
    • comment comprenez-vous la maxime (l.20) : "L'âme qui n'a point de but fixé, elle se perd : car, comme on dit, ce n'est n'être en aucun lieu que d'être partout.

    - Par des moyens divers on arrive à pareille fin, p.35 à 44 :

    • par quels moyens totalement opposés peut-on amollir le cœur des gens qu'on a irrités et qui nous tiennent en leurs mains?
    • quels sont les cinq exemples que donne Montaigne pour illustrer son propos? A quel domaine appartiennent-ils?
    • quelle réflexion Montaigne mène-t-il ensuite sur le pitié et la mansuétude? Bien qu'il y soit facilement sujet, pourquoi estime-t-il ces sentiments négatifs?
    • pourquoi l'exemple d'Alexandre contredit-il sa thèse antérieure?
    • quelle conclusion en tire-t-il sur l'être humain en général?

    - De l'institution des enfants, I-26, p.59 à 163 :

    • le chapitre sur l'éducation des enfants dont nous présentons un extrait au baccalauréat est ici reproduit en son entier : cherchez les principes défendus par Montaigne, listez-les en repérant les pages pour que nous y revenions ensemble en classe.

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  • C'est presque à la fin de ce long ouvrage d'introspection et de réflexion que Montaigne nous offre avec conviction sa conception de la sagesse.

    De L'expérience

    Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi. Nature a  maternellement observé cela, que les actions qu’elle nous a enjointes pour notre besoin nous fussent aussi voluptueuses, et nous y convie non seulement par la raison, mais aussi par l’appétit : c’est injustice de corrompre ses règles. Quand je vois et César et Alexandre (1) , au plus épais de sa grande besogne, jouir si pleinement des plaisirs naturels, et par conséquent nécessaires et justes, je ne dis pas que ce soit relâcher son âme, je dis que c’est la roidir (2), soumettant par vigueur de courage à l’usage de la vie ordinaire ces violentes occupations et laborieuses pensées. Sages, s’ils eussent cru que c’était là leur ordinaire vacation (3) , celle-ci l’extraordinaire. Nous sommes de grands fols : « Il a passé sa vie en oisiveté, disons-nous ; Je n’ai rien fait d’aujourd’hui. - Quoi ! avez-vous pas vécu ? C’est non seulement la fondamentale, mais la plus illustre de vos occupations. - Si on m’eût mis au propre des grands maniements, j’eusse montré ce que je savais faire. - Avez-vous su méditer et manier votre vie ? vous avez fait la plus grande besogne de toutes. » Pour se montrer et exploiter, nature n’a que faire de fortune (4)  ; elle se montre également en tous étages, et derrière, comme sans rideau. Composer nos mœurs est notre office, non pas composer des livres, et gagner, non pas des batailles et des provinces, mais l’ordre et tranquillité à notre conduite. Notre grand et glorieux chef d’œuvre, c’est vivre à propos.

    1 Célèbres conquérants de l’antiquité.

    2 Raidir.

    3 Occupation.

    4 Destinée

     

    Dans le chapitre qui se penche sur la vanté humaine, Montaigne nous fait part de sa conception du voyage. Sa façon de visiter les contrées étrangères obéit aux mêmes principes que sa manière de penser : loin des sentiers tracés et des idées préconçues, à la recherche de ce qui est nouveau, différent.

     

    De la vanité

    Moi, qui le plus souvent voyage pour mon plaisir, ne me guide pas si mal. S’il fait laid à droite, je prends gauche : si je me trouve mal propre à monter à cheval, je m’arrête. Et faisant ainsi, je ne vois à la vérité rien qui ne soit aussi plaisant et commode que ma raison. Il est vrai que je trouve la superfluité toujours superflue, et remarque l’empêchement (1)  en la délicatesse (2) même et en l’abondance. Ai-je laissé quelque chose à voir derrière moi ? J’y retourne : c’est toujours mon chemin. Je ne trace aucune ligne certaine, ni droite ni courbe. Ne trouvé-je point, où je vais, ce qu’on m’avait dit ? Comme il advient souvent que les jugements d’autrui ne s’accordent pas aux miens, et les ai trouvés plus souvent faux, je ne plains (3)  pas ma peine : j’ai appris que ce qu’on disait n’y est point. J’ai la complexion du corps libre (4) , et le goût commun autant qu’homme du (5) monde. La diversité des façons (6) d’une nation à autre ne me touche que par le plaisir de la variété. Chaque usage a sa raison. Soient des assiettes d’étain, de bois, de terre, bouilli ou rôti, beurre ou huile de noix ou d’olive, chaud ou froid, tout m’est un : et si un, que vieillissant, j’accuse cette généreuse faculté et aurais besoin que la délicatesse et le choix arrêtât l’indiscrétion (7)  de mon appétit et parfois soulageât mon estomac. Quand j’ai été ailleurs qu’en France, et que, pour me faire courtoisie, on m’a demandé si je voulais être servi à la française, je m’en suis moqué et me suis toujours jeté aux tables les plus épaisses d’étrangers. J’ai honte de voir nos hommes enivrés de cette sotte humeur de s’effaroucher des formes (8)  contraires aux leurs : il leur semble être hors de leur élément quand ils sont hors de leur village. Où qu’ils aillent, ils se tiennent à leurs façons et abominent les étrangères. Retrouvent-ils un compatriote en Hongrie, ils festoient cette aventure : les voilà à se rallier et à se recoudre ensemble, à condamner tant de mœurs barbares qu’ils voient. Pourquoi non barbares, puisqu’elles ne sont françaises ? Encore sont-ce les plus habiles qui les ont reconnues, pour en médire. La plupart ne prennent l’aller que pour le venir (9) . Ils voyagent couverts et resserrés d’une prudence taciturne et incommunicable, se défendant de la contagion d’un air inconnu. Ce que je dis de ceux-là me ramentoit (10), en chose semblable, ce que j’ai parfois aperçu en aucuns de nos jeunes courtisans. Ils ne tiennent qu’aux hommes de leur sorte, nous regardant comme gens de l’autre monde, avec dédain ou pitié. Ôtez-leur les entretiens des mystères de la cour, ils sont hors de leur gibier (11), aussi neufs (12) pour nous et malhabiles comme nous sommes à eux. On dit bien vrai qu’un honnête homme c’est un homme mêlé. Au rebours, je pérégrine (13) très saoul (14) de nos façons, non pour chercher des Gascons en Sicile (j’en ai assez laissé au logis) : je cherche des Grecs plutôt, et des Persans : j’accointe (15) ceux-là, je les considère (16) : c’est là où je me prête et où je m’emploie. Et qui plus est, il me semble que je n’ai rencontré guère de manières qui ne vaillent les nôtres. Je couche de peu (17), car à peine ai-je perdu mes girouettes de vue.

    - 1 Embarras -2 Raffinement  -3 Regrette  -4 Celui qui n’est pas lié par des goûts particuliers  -5 Au - 6 Usage  -7 Manque de retenue, intempérance  -8 Manières d’agir -9 Ne partent que pour revenir - 10 Me rappelaient  -11 Perdus  -12 Novices, débutants  -13 Je voyage -14 Las  -15 J’aborde, je fréquente  -16 Je m’intéresse à eux  -17 Je m’avance peu 

      A partir de l'étymologie des mots "barbares" et " sauvage", Montaigne mène une réflexion sur la signification de ces termes et sur le rapport que les européens entretiennent avec les notions de nature et de culture. Il en déduit que les "barbares", les "sauvages", ne sont pas ceux que l'on croit.

    Des Cannibales

     

     “Or je trouve, pour revenir à mon propos, qu'il n'y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu'on m'en a rapporté : sinon que chacun appelle barbarie, ce qui n'est pas de son usage. Comme de vrai nous n'avons autre mire de la vérité, et de la raison, que l'exemple et idée des opinions et usages du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion, la parfaite police, parfait et accomply usage de toutes choses. Ils sont sauvages de mêmes, que nous appellons sauvages les fruicts, que nature de soy et de son progrez ordinaire a produicts : là où à la verité ce sont ceux que nous avons alterez par nostre artifice, et destournez de l'ordre commun, que nous devrions appeller plustost sauvages. En ceux là sont vives et vigoureuses, les vraies, et plus utiles et naturelles, vertus et proprietez ; lesquelles nous avons abâtardies en ceux-ci, les accommodant au plaisir de notre goût corrompu. Et si pourtant la saveur même et délicatesse se trouve à notre goût même excellente à l'envi des nôtres, en divers fruits de ces contrées là, sans culture : ce n'est pas raison que l'art gagne le point d'honneur sur notre grande et puissante mère Nature. Nous avons tant rechargé la beauté et richesse de ses ouvrages par nos inventions, que nous l'avons du tout étouffée. Si est-ce que par tout où sa pureté reluit, elle fait une merveilleuse honte à nos vaines et frivoles entreprises.

    Tous nos efforts ne peuvent seulement arriver à representer le nid du moindre oyselet, sa contexture, sa beauté, et l'utilité de son usage : non pas la tissure de la chetive araignée. Toutes choses, dit Platon, sont produites ou par la nature, ou par la fortune, ou par l'art. Les plus grandes et plus belles par l'une ou l'autre des deux premieres : les moindres et imparfaictes par la derniere.

    Ces nations me semblent donc ainsi barbares, pour avoir receu fort peu de façon de l'esprit humain, et estre encore fort voisines de leur naifveté originelle. Les loix naturelles leur commandent encores, fort peu abbastardies par les nostres : Mais c'est en telle pureté, qu'il me prend quelque fois desplaisir, dequoy la cognoissance n'en soit venuë plustost, du temps qu'il y avoit des hommes qui en eussent sçeu mieux juger que nous.”

    Montaigne Livre 1, chapitre 31 « Des cannibales » Les Essais


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  •  Montaigne : Le goût du bonheur ou comment apprendre à vivre

                                              

                                                                                           

     

    Pourquoi étudier Les Essais au lycée? Première réponse : parce que c'est au programme, et c'est déjà une réponse acceptable. Deuxième réponse : en vérité, c'est parce que j'aime Montaigne. Ce fut l'une des rencontres les plus marquantes et les plus bénéfiques de mes études littéraires. Comment résumer, transmettre de façon concentrée tout ce que j'ai pu glaner au cours de mes lectures, et qui me laissait, à chaque fois, un goût de douce sérénité, de plénitude et, curieusement, de sécurité? Peut-être me suis-je sentie rassurée quand, à votre âge, je découvrais qu'il pouvait exister des êtres humains si sages, justes, bienveillants, libres, sans préjugés ni aucune limite dans la réflexion. Mais surtout, comment vous donner l'envie de le lire par vous-même? Peut-être en vous disant que, si la lecture vous en semble un peu "ardue", (à cause d'une langue qui, même modernisée, est encore éloignée de la vôtre), vous y prélèverez des germes qui resteront en vous et qui, un jour, au cours de votre vie d'adulte, fleuriront et vous aideront à comprendre, à supporter, à combattre ou à admettre des événements qui surgiront dans votre existence. 

        Le refus des vérités établies : Montaigne, c'est d'abord un esprit libre, qui , par son expérience personnelle et sa solide formation humaniste, comprend très rapidement avec une incroyable acuité qu'il n'existe pas de vérité établie ou universelle, que le monde est instable ( époque violente des guerres civiles), que les croyances, les coutumes sont multiples et relatives ( confrontation avec le Nouveau Monde). Il en tire une sagesse basée sur la volonté de comprendre, de ne pas juger à la seule mesure de sa propre opinion, et qui conduit à un esprit de tolérance. Les Essais, genre qu'il a inventé, sont le reflet de cette pensée toujours ouverte qui n'hésite pas à revenir sur ce qui a déjà été écrit, parce que la réflexion a été poussée plus loin, ou parce que de nouveaux éléments ( lectures, rencontres, discussions...) sont venus l'alimenter. Comme Montaigne le dit lui-même, son ouvrage progresse  "par sauts et gambades", selon son humeur ou le sujet qui occupe son esprit à un moment donné.

       Chaque homme porte en lui la forme entière de l'humaine condition : Montaigne analyse de la façon la plus naturelle possible, en toute sincérité, qui il est, ce qu'il éprouve, ce qu'il ressent, ce qui l'indigne. Mais alors même qu'il souligne sa singularité, il ne peut qu'insister sur la marque de toute condition humaine qui est en lui. . Chaque être humain est à la fois un être unique et en même temps un être semblable à tous les autres humains . Par conséquent, Les Essais deviennent un livre où chaque lecteur peut se découvrir et se comprendre. D'où cette idée de petits germes que nous gardons en nous et qui nous aident à grandir dans tous les sens du terme.

       L'amour de la vie et le goût du bonheur. Enfin, Montaigne est sans doute le premier auteur à m'avoir appris qu'il faut aimer la vie, prendre conscience du monde qui nous entoure, vivre pleinement chaque minute qui passe, savoir être heureux. Puisse-t-il vous procurer la même joie, le même bonheur.

       Un article consacré à Montaigne, qui nous le dévoile sous différentes facettes et tente de nous expliquer son immense et surprenant succès international : Pourquoi Montaigne nous obsède-t-il autant?

    http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20140822.OBS6952/pourquoi-montaigne-nous-obsede-t-il-autant.html

     

     

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    • Notre ami Montaigne

         
      Le 13 septembre 1592 mourait Michel de Montaigne. Et cette âme "la plus libre et la plus vigoureuse qui fût" dira Nietzche, entrait immédiatement dans la légende -et le malentendu. Auteur d'un livre unique, les "Essais", nul ne sera plus encensé, plus pillé, plus honoré, plus vilipendé que Montaigne. Aujourd'hui qu'on l'acclame, il fait tout de même parfois triste mine sous l'épais barbouillis des commentaires. Aussi avons-nous voulu, en cette année d'anniversaire, tout simplement le redécouvrir. Un homme étonnant est apparu. Vivant, comme nous, en un siècle débordé, il a su et ne pas se perdre de vue et ne pas transiger sur l'amitié, la véracité, l'horreur de la cruauté et le maintien de la paix. En d'autres termes, sans donner de leçons, il nous enseigne l'essentiel.

      Journal des Alliances Françaises au Mexique- Mars 1992

       

      ÂME

      1. Les âmes des Empereurs et des savetiers sont jetées à même moule (II, XII).

      AMITIÉ

      Si l'on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : Parce que c'était lui, parce que c'était moi. (I, XXVIII)

      BARBARIE

      Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage.

      Essais, I, 28, De l'amitié
      Read more at http://www.dicocitations.com/auteur/3132/Michel_Eyquem_de_Montaigne.php#LToebKei6oUibgY7.99
      Il n'est rien qui n'imprime si vivement quelque chose en notre souvenance que le désir de l'oublier.
      Essais, II, 12, Apologie de Raimond Sebond
      Read more at http://www.dicocitations.com/auteur/3132/Michel_Eyquem_de_Montaigne.php#LToebKei6oUibgY7.99

      CRUAUTÉ

      Les exécutions mêmes de justice, pour raisonnables qu'elles soient, je ne les puis voir d'une vue ferme (...) (II,XI)

      FANATISME

      Aux présents brouillis (désordres) de cet Etat, mon intérêt ne m'a fait méconnaître ni les qualités louables en nos adversaires, ni celles qui sont reprochables en ceux que j'ai suivis (III,X).

      FRANÇAIS

      Mettez trois Français aux déserts de Libye, ils ne seront pas moins ensemble sans (...) s'égratigner (II, XXVII)

      HOMME 

      Les hommes sont tous d'une espèce, et sauf le plus et le moins, se trouvent garnis de pareils outils et instruments pour concevoir et juger ( I, XIV).

      Qui se connaît , connaît aussi les autres, car chaque homme porte le forme entière de l'humaine condition.

      LOI

      Les lois se maintiennent en crédit, non parce qu'elles sont justes, mais parce qu'elles sont lois. C'est le fondement mystique de leur autorité; elles n'en ont point d'autre. Qui leur sert bien (II,XIII).

      OUBLI

      Il n'est rien qui n'imprime si vivement quelque chose en notre souvenance que le désir de l'oublier

      Il n'est rien qui n'imprime si vivement quelque chose en notre souvenance que le désir de l'oublier.
      Read more at http://www.dicocitations.com/auteur/3132/Michel_Eyquem_de_Montaigne.php#LToebKei6oUibgY7.99

      VIE

      Pour moi donc, j'aime la vie et la cultive telle qu'il a plu à Dieu nous l'octroyer (III,XIII)

      VOLUPTÉ

      Quoi qu'ils disent   (les philosophes), en la vertu même, le dernier but de notre visée, c'est la volupté. Il me plaît de leur battre les oreilles de ce mot qui leur est si fort à contrecœur (I,XX). 

      Cf la suite dans le menu de droite, "Citations". Les citations sont extraites du Petit vade-mecum* Montaigne  composé par Claude Barouste (Actes Sud).

      -*un "vade mecum" ( = "viens avec moi") est un petit manuel, un guide que l'on emporte avec soi pour le consulter-

      C'est une absolue perfection, et comme divine, de savoir jouir loyalement de son être. Nous cherchons d'autres conditions, pour n'entendre l'usage des nôtres, et sortons hors de nous, pour ne savoir quel il y fait. Si, avons nous beau monter sur des échasses, car sur des échasses encore faut-il marcher de nos jambes. Et au plus élevé trône du monde, si ne sommes-nous assis que sus notre cul.

       

       


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