• Le rythme dans le récit

     

    1. Un tableau schématique qui reprend le cours.

    Ces notions sont à réviser avec la nouvelle étudiée, L'Aveugle, de Maupassant, afin de bien comprendre l'effet produit par les modifications de rythme dans le récit.

    http://zonelitteraire.e-monsite.com/medias/files/le-temps-dans-le-recit.pdf

    2. Exercice et sa correction

    Si vous désirez poursuivre la lecture de cette nouvelle acide et poignante, l'une des nouvelles les plus réussies de Maupassant par sa peinture de la nature humaine, elle figure dans un lien ci-contre, sur le menu de droite.

    Le rythme de la narration

     

    Relevez un exemple de chaque cadence narrative.

     

                                                 Guy de Maupassant, La petite Roque 

     

    Le piéton Médéric Rompel, que les gens du pays appelaient familièrement Médéri, partit à l'heure ordinaire de la maison de la poste de Rouy-le-Tors. Ayant traversé la petite ville de son grand pas d'ancien troupier, il coupa d'abord les prairies de Villaumes pour gagner le bois de la Brindille, qui le conduisait, en suivant l'eau, au village de Carvelin, où commençait sa distribution.

     Il allait vite, le long de l'étroite rivière qui moussait, grognait, bouillonnait et filait dans son lit d'herbes, sous une voûte de saules. Les grosses pierres, arrêtant le cours, avaient autour d'elle un bourrelet d'eau, une sorte de cravate terminée en nœud d'écume. Par places, c'étaient des cascades d'un pied, souvent invisibles qui faisaient sous les feuilles, sous les lianes, sous un toit de verdure, un gros bruit colère et doux; puis, plus loin, les berges s'élargissant, on rencontrait un petit lac paisible où nageaient des truites parmi cette chevelure verte qui ondoie au fond des ruisseaux calmes.

     Médéric allait toujours, sans rien voir, et ne songeant qu'à ceci: "Ma première lettre est pour la maison Poivron, puis j'en ai une pour M. Renardet; il faut donc que je traverse la futaie".

    Sa veste bleue serrée à la taille par une ceinture de cuir noir passait d'un train rapide et régulier sur la haie verte des saules, et sa canne, un fort bâton de houx, marchait à côté du même mouvement que ses jambes.

    Donc, il franchit la Brindille sur un pont fait d'un seul arbre, jeté d'un bord à l'autre, ayant pour unique rampe une corde portée par deux piquets enfoncés dans les berges.

    La futaie, appartenant à M. Renardet, maire de Carvelin, et le plus gros propriétaire du lieu, était une sorte de bois d'arbres antiques, énormes, droits comme des colonnes, et s'étendant, sur une demi-lieue de longueur, sur la rive gauche du ruisseau qui servait de limite à cette immense voûte de feuillage. Le long de l'eau, de grands arbustes avaient poussé, chauffés par le soleil, mais sous la futaie, on ne trouvait que de la mousse épaisse, douce et molle, qui répandait dans l'air stagnant une odeur légère de moisi et de branches mortes

    Médéri  ralentit le pas, ôta son képi noir orné d'un galon rouge et s'essuya le front, car il faisait chaud dans les prairies, bien qu'il ne fût pas encore huit heures du matin.

    Il venait de se recouvrir et de reprendre son pas accéléré quand il aperçut, au pied d'un arbre, un couteau, un petit couteau d'enfant. Comme il le ramassait, il découvrit encore un dé à coudre, puis un étui à aiguilles deux pas plus loin.

    Ayant pris ces objets, il pensa: "Je vais les confier à M. le maire"; et il se remit en route; mais il ouvrait l'œil à présent, s'attendant toujours à trouver quelque chose.

    Soudain, il s'arrêta net, comme s'il se fut heurté contre une barre de bois; car, à dix mètres devant lui, gisait, étendu sur le sol, un corps d'enfant, tout nu, sur la mousse. C'était une petite fille d'une douzaine d'années.

     

    Correction

     

     

     

                                                  Guy de Maupassant, La petite Roque 

     Pause

    Scène

    Sommaire 

    Ellipse

    Le piéton Médéric Rompel, que les gens du pays appelaient familièrement Médéri, partit à l'heure ordinaire de la maison de la poste de Rouy-le-Tors. Ayant traversé la petite ville de son grand pas d'ancien troupier, il coupa d'abord les prairies de Villaumes pour gagner le bois de la Brindille, qui le conduisait, en suivant l'eau, au village de Carvelin, où commençait sa distribution.

     Il allait vite, le long de l'étroite rivière qui moussait, grognait, bouillonnait et filait dans son lit d'herbes, sous une voûte de saules. Les grosses pierres, arrêtant le cours, avaient autour d'elle un bourrelet d'eau, une sorte de cravate terminée en nœud d'écume. Par places, c'étaient des cascades d'un pied, souvent invisibles qui faisaient sous les feuilles, sous les lianes, sous un toit de verdure, un gros bruit colère et doux; puis, plus loin, les berges s'élargissant, on rencontrait un petit lac paisible où nageaient des truites parmi cette chevelure verte qui ondoie au fond des ruisseaux calmes.

     Médéric allait toujours, sans rien voir, et ne songeant qu'à ceci: "Ma première lettre est pour la maison Poivron, puis j'en ai une pour M. Renardet; il faut donc que je traverse la futaie".

    Sa veste bleue serrée à la taille par une ceinture de cuir noir passait d'un train rapide et régulier sur la haie verte des saules, et sa canne, un fort bâton de houx, marchait à côté du même mouvement que ses jambes.

    Donc, il franchit la Brindille sur un pont fait d'un seul arbre, jeté d'un bord à l'autre, ayant pour unique rampe une corde portée par deux piquets enfoncés dans les berges.

    La futaie, appartenant à M. Renardet, maire de Carvelin, et le plus gros propriétaire du lieu, était une sorte de bois d'arbres antiques, énormes, droits comme des colonnes, et s'étendant, sur une demi-lieue de longueur, sur la rive gauche du ruisseau qui servait de limite à cette immense voûte de feuillage. Le long de l'eau, de grands arbustes avaient poussé, chauffés par le soleil, mais sous la futaie, on ne trouvait que de la mousse épaisse, douce et molle, qui répandait dans l'air stagnant une odeur légère de moisi et de branches mortes

    Médéri  ralentit le pas, ôta son képi noir orné d'un galon rouge et s'essuya le front, car il faisait chaud dans les prairies, bien qu'il ne fût pas encore huit heures du matin.

    Il venait de se recouvrir et de reprendre son pas accéléré quand il aperçut, au pied d'un arbre, un couteau, un petit couteau d'enfant. Comme il le ramassait, il découvrit encore un dé à coudre, puis un étui à aiguilles deux pas plus loin.

    Ayant pris ces objets, il pensa: "Je vais les confier à M. le maire"; et il se remit en route; mais il ouvrait l'œil à présent, s'attendant toujours à trouver quelque chose.

    Soudain, il s'arrêta net, comme s'il se fut heurté contre une barre de bois; car, à dix mètres devant lui, gisait, étendu sur le sol, un corps d'enfant, tout nu, sur la mousse. C'était une petite fille d'une douzaine d'années.

     

     

     

     


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