• De la tragédie antique à la tragédie classique au XVIIe siècle

     

    I- Naissance de la Tragédie :

    La Tragédie au XVIIe siècle              De la tragédie antique à la tragédie classique au XVIIe siècle      De la tragédie antique à la tragédie classique au XVIIe siècle

    Eschyle (526-456 av. J.-C.)                                  Sophocle (495-406 av. J.-C.)        Euripide (480-406 av. J.-C.)                                   

     

    La Tragédie voit le jour dans la république athénienne du Ve siècle av. J.-C ou "Siècle de Périclès". On sait que ses origines sont sacrées et qu'il s'agit avant tout d'un "art communautaire" qui s'exerce lors de cérémonies rituelles et officielles.  Les représentations théâtrales se déroulent en effet deux fois par an (au printemps et en décembre-janvier) pour les fêtes de Dionysos, le dieu de la vigne, du vin et de l'ivresse. Le vin étant  censé procurer l'extase et l''immortalité, Dionysos est aussi considéré comme le dieu de la végétation et de tous les sucs liés à la vie, comme la sève, le sperme et le sang. Mais il est également, en quelque sorte, le père de la comédie et de la tragédie. A l'occasion des grandes Dionysies, cérémonies qui  sont entièrement consacrées à son culte au début du printemps, des concours sont organisés : les poètes participants doivent présenter dans la journée une tétralogie ( 3 tragédies suivies d'un drame satirique) ou une dilogie ( deux tragédies) lors des Lénéennes, au mois de décembre.. Les sujets en sont essentiellement civiques et religieux, puisqu'ils sont inspirés des mythes et des légendes communs aux principales cités grecques. 

    La Tragédie au XVIIe siècle

    Dans le bas-relief qui est ici reproduit on voit des Ménades ( accompagnatrices de Dionysos ; femmes possédées incarnant les esprits orgiaques de la nature) dansant ; plusieurs d'entre elles tiennent dans leurs mains des couteaux et des animaux qu'elles ont mis en pièces 

     

    Ces manifestations théâtrales, vraisemblablement instituées dès 534 av. J.-C. par le tyran Pisistrate, ont pour fonction principale d'unifier la cité, de rassembler la collectivité derrière un projet commun puisque tous les citoyens y participent en tant qu'organisateurs, acteurs ou spectateurs. Les mythes représentés se nourrissent de la vie de tous les jours et mettent en scène des héros-ancêtres du peuple athénien. Ils favorisent par ailleurs un retour à l'harmonie grâce l'union de tous les citoyens devant un spectacle beau et institutionnel qui rassemble.

     

    II- La Tragédie selon Aristote :

     

     De la tragédie antique à la tragédie classique au XVIIe siècle

    Aristote ( 384-322 av. J.-C.)

    La Poétique d'Aristote demeure, dix-huit siècles après la mort de son auteur, comme l'ouvrage essentiel à la compréhension de ce qu'est la tragédie. Cet essai sur la Littérature a exercé une très forte influence sur toute la production théâtrale en Europe depuis la Renaissance. Il a été traduit et commenté sans interruption jusqu'à nos jours.

    Résumons sa théorie et ses principes en ce qui concerne la tragédie.

    1- Tragédie = mimesis (imitation en grec)

    Tout d'abord, contrairement au poème épique (ancêtre du roman, tel  L’Odyssée) le théâtre ne se base pas sur un récit des faits mais sur une imitation , une représentation de la réalité. Le théâtre devient le lieu d'une "illusion de la réalité", ou "l'Artifice vrai" '(Pialat). Par conséquent, la tragédie est l'imitation d'une action sérieuse et complète en elle-même, dans une forme dramatique et non narrative.

    2- La composition d'une tragédie  : 6 éléments

    • la fable = intrigue de la pièce ou combinaison logique de péripéties toutes indispensable à la cohérence de l'action.  Partie la plus importante de la pièce selon Aristote, car une tragédie représente des actions, non des personnages. Ceux-ci sont là pour servir l'action. Les sujets les plus prisés sont empruntés, comme nous l'avons dit, à la mythologie et principalement aux légendes des deux grandes familles royales, les Atrides et les Labdacides.
    • les personnages : le "protagoniste" ou personnage principal doit être du côté du bien, ou du moins occuper une position intermédiaire entre le bien et le mal ; son malheur doit être provoqué par une erreur de jugement plutôt que par un vice foncier. (très important chez Racine, dont les personnages ne sont pas des monstres. Pour lui, par exemple, Phèdre n'est pas le monstre des versions antiques, mais un personnage ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocent)
    • la diction : Aristote entend par là "l'expression" en général, "la manifestation de la pensée à travers les mots".
    • la pensée : c'est la faculté de dire les paroles nécessaires et convenables. "c'est le processus par lequel on formule quelque idée générale".
    • le spectacle : il "englobe  tout : caractères, histoire, expression et chant, ainsi que la pensée".
    • la mélodie : le spectacle tragique est accompagné de musique à l'origine. Dans le théâtre antique, les chants interprétés par le chœur alternent avec le texte dit par les protagonistes.

     

    3- La règle des unités :

    La Poétique d'Aristote va servir de base, dès la Renaissance, pour édicter des règles strictes concernant la tragédie. Au XVIe siècle, Scaliger déduit de sa lecture de l'ouvrage la nécessité des trois unités : unité de temps, unité de lieu et unité d'action. En réalité, Aristote n'aborde que les unités de temps et d'action.

    Au XVIIe siècle, Nicolas Boileau reprendra, justifiera et imposera ces différentes règles dans son célèbre Art Poétique.

    4- La catharsis :

    Aristote est le premier à parler de la fonction cathartique ( = qui purge, qui produit une action purificatrice et libératrice) de la représentation esthétique : " La tragédie est donc l'imitation d'une action noble, conduite jusqu'à sa fin et ayant une certaine étendue(...) ; c'est une imitation faite par des personnes en action et non par le moyen d'une narration, et qui, par l'entremise de la pitié et de la crainte, accomplit la purgation des émotions de ce genre" (chap. 1449 b25). Ainsi, la terreur et le pitié éprouvées devant le sort des personnages se dépassent dans la contemplation d'une action noble et belle :  "Ce que le poète doit procurer, c'est le plaisir qui, par la représentation, provient de la pitié et la frayeur"    ( chap.1453 b12).

    Ainsi, le spectacle des passions des "grands", sublimées par l'héroïsme ou déformées par le vice, suscite dans le public un double sentiment de pitié et de terreur. S'identifiant au héros par l'effet d'illusion, mais protégé du tragique par l'effet de distance, le spectateur éprouve et rejette en même temps ces passions génératrices de souffrances et de destruction.

    5- Le dénouement :

    Une tragédie doit-elle toujours finir mal ? Faut-il qu'elle s'achève par la mort? Aristote insiste sur la "catastrophe finale" : "Aussi commettent-ils précisément la même erreur, ceux qui blâment Euripide de procéder ainsi dans ses tragédies et de donner à beaucoup d'entre elles un dénouement malheureux, car cette pratique est bonne, comme cela a été dit. " (chap. 1543 a15). Aristote prétend en effet que, pour que le spectateur  éprouve pitié et terreur, il est nécessaire que "le retournement de fortune se fasse non pas du malheur vers le bonheur, mais au contraire, du bonheur vers le malheur".

     

    6- Le tragique :

    Le cœur de la tragédie, son essence, ce qui fait sa particularité, "c'est le combat montré d'un homme contre ce qui le dépasse, et qui est plus grand que lui, et l'héroïsme se gagne à se montrer plus grand encore que ce qui tue à coup sûr, le tragique est aussi exaltant qu'il est terrifiant, l'épouvante et la pitié enseignent, élèvent et rassérènent, car c'est montrer, derrière le malheur qui terrasse, une grandeur qui élève". (Wladimir Troubetzkoy- Littérature comparée- Presses Universitaires de France).

    Le tragique, c'est en effet le combat de l'homme- du personnage qui l'incarne- contre une force supérieure qui le dépasse, c'est la liberté de se rebeller même en vain. " Ce qui est beau et exaltant pour le spectateur, ce n'est pas le malheur et l'écrasement du héros par plus grand que lui, par l'ordre des Dieux (...), c'est le regard lucide sur les fautes des personnages et sur la noblesse de la lutte, même vaine, du héros à qui, s'il perd le droit à la vie, reste du moins la grandeur, le droit de mourir grand".

    Les grecs croyaient au destin, ( appelé moira et fatum chez les romains), à la fatalité, cette force toute puissante,  incompréhensible et implacable à laquelle étaient soumis non seulement les humains, mais aussi les dieux et tout l'univers. Il n'est donc pas surprenant que la tragédie soit née parmi eux : l'essence du tragique c'est bien la lutté héroïque, parce que vouée à la défaite, de l'homme contre la fatalité.

     

    II- La tragédie classique

                               De la tragédie antique à la tragédie classique au XVIIe siècle De la tragédie antique à la tragédie classique au XVIIe siècle

     

     

     

     

     

     

                                     

        Pierre Corneille (1606-1684)                   Jean Racine (1639-1699)

     

    Au XVIIe siècle, Corneille et Racine s'inspirent des préceptes d'Aristote et du théâtre antique pour écrire des tragédies dont les sujets sont le plus souvent issus de la mythologie ou de l'Histoire romaine. Les héros, face à une situation de crise ou de conflit, doivent prendre une décision cruciale impliquant un sacrifice ou risquant d'entraîner la mort. Dans les années 1640-1680, la tragédie classique sera le genre littéraire le plus prestigieux et l'un des divertissements favoris du roi, de la cour et du public mondain. Le château de Versailles devient le cadre de somptueuses représentations tandis qu'à Paris des troupes rivales jouent les tragédies des répertoires dans quelques salles permanentes créées dès la première moitié du XVIIe siècle ( L'Hôtel de Bourgogne et l'Hôtel du Marais). Le parterre, proposant les places les moins chères, réunit le public populaire, debout, tandis que les places sur les côtés de la scène ou dans les loges sont réservées à l'élite aristocratique et à la grande bourgeoisie.

     

    1- Les règles classiques : 

    a) La règle des 3 unités : 

    Au début du XVIIe siècle, un débat violent oppose les partisans de la règle des trois unités à ceux qui s'insurgent contre son application. Vers 1630, les trois unités  ( une seule action, une seule journée, un seul lieu) finissent par s'imposer. Cette victoire marque le commencement du classicisme, mouvement gouverné par l'ordre et la raison.

    Pourtant, de grands dramaturges s'interrogent sur la pertinence d'une telle règle quand ils ne cherchent pas à s'y soustraire.  L'unité d'action gêne considérablement Corneille qui préfère les pièces qu'il appelle "implexes", c'est-à-dire chargées de péripéties et à l'intrigue compliquée, comme dans Le Cid; ce qui pose également problème concernant l'unité de temps : ainsi que le fait remarquer Michel Viegnes, pour respecter l'unité de temps et limiter la durée de l'intrigue à 24 heures, "Corneille fait vivre à son héros une journée d'enfer". Rodrigue se bat deux fois en duel, il conduit toute une armée à l'assaut des Maures ( "Nous partîmes cinq cents mais par un prompt renfort  nous nous vîmes trois mille en arrivant au port"), il a de longues entrevues pathétiques et délibératives avec son père, son roi et son amante, et le tout en moins de vingt-quatre heures ! On ne peut que crier à l'invraisemblance !

    Molière lui-même se rebelle contre les règles que l'on veut voir pareillement respectées dans la Comédie. Dans La Critique de l'Ecole des Femmes, il donne la parole à Dorante, un personnage qui se moque avec humour des défenseurs intégristes des règles : "Vous êtes de plaisantes gens avec vos règles, dont vous embarrassez les ignorants, et nous étourdissez tous les jours. Il semble, à vous ouïr parler, que ces règles de l'art soient les plus grands mystères du monde ; et cependant ce ne sont que quelques observations aisées, que le bon sens a faites sur ce qui peut ôter le plaisir que l'on prend à ces sortes de poèmes ; et le même bon sens qui a fait autrefois ces observations, les fait aisément sans le secours d'Horace (poète latin) et d'Aristote. Je voudrais bien savoir si la grande règle de toutes les règles n'est pas de plaire, et si une pièce de théâtre qui a attrapé son but n'a pas suivi son chemin".

    Racine, lui aussi, revendique une certaine liberté. A ceux qui lui reprochent la trop grande simplicité de l'intrigue dans sa tragédie Bérénice, il répond : "Je les conjure d'avoir assez bonne opinion d'eux-mêmes pour ne pas croire qu'une pièce qui les touche et qui leur donne du plaisir puisse être absolument contre les règles. La principale règle est de plaire et de toucher : toutes les autres ne sont faites que pour parvenir à cette première. "

    b)  La Bienséance :

    " Le mot "bienséances" désignait, au XVIIe siècle, un ensemble de règles tacites qui avaient pour objectif de ne choquer le public ni sur le plan moral ni sur le plan esthétique. "(M.Viegnes- Le Théâtre : problématiques essentielles).

    Comment cette préoccupation se traduit-elle concrètement dans les tragédies?

    • unité de ton : on ne mélange pas la comédie et la tragédie. Ce sont deux genres quasiment antithétiques . L'univers de la tragédie doit toujours s'exprimer d'une manière noble. On évite toute référence trop claire aux fonctions biologiques et à la sexualité.
    • art de la litote : on dit moins que ce que l'on pense.
    • pas de violence physique sur scène. La tragédie a recours au "récit", développé dans une longue tirade, pour évoquer une scène de combat et/ ou de mort.

     

     c) La vraisemblance :

    L'intrigue, les personnages doivent être crédibles pour toucher le spectateur et lui inspirer de la pitié et de la terreur. Mais l'on doit également bannir des situations qui, bien que théoriquement possibles dans le vie réelle, sont trop rares ou extraordinaires : "Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable" écrit Boileau.

     2- Le dénouement :

    Laissons parler Racine, dans sa préface de Bérénice, en 1671 : " Ce n'est point une nécessité qu'il y ait du sang et des morts dans une tragédie ; il suffit que l'action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s'y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait le plaisir de la tragédie".

    Cependant, comme dans la tragédie antique, le dénouement est toujours malheureux et correspond souvent à l'accomplissement du destin: assassinat, suicide, perte...

    3- Les registres de la tragédie :

    • pathétique :  spectacle de la souffrance, du malheur, qui suscite tristesse et compassion chez le lecteur.
    • épique: dans certains récits contant un épisode grandiose, impossible d'ailleurs à représenter sur scène (le récit de la mort d'Hippolyte par Théramène, dans Phèdre de Racine, ou le récit du combat contre les maures, dans Le Cid, de Corneille).
    • lyrique : l'expression de sentiments personnels dans tirades passionnées ou désespérées.
    • tragique : proprement dit ( c-à-d au sens propre), quand les personnages prennent conscience d'un destin qui les accable, les poursuit ou les condamne.
    • la délibération tragique : la pesée des termes d'un choix douloureux.

     

    4- Les différences entre Corneille et Racine:

    Dans la société aristocratique de la France du XVIIe siècle, l'honneur est une notion fondamentale, qui confère véritablement son existence à l'individu. Aussi le vengeance, souvent associée à la jalousie amoureuse, constitue-t-elle un thème tragique essentiel, susceptible de se substituer à la malédiction divine. Nombre de drames, en Angleterre, en Espagne et en France, prennent la forme d'une tragédie de l' honneur : on peut citer Le Cid de Corneille.

    La passion opposée à la raison et la folie, constituent également les thèmes privilégiés de la tragédie au XVIIe siècle : en effet, dans le théâtre baroque, le pouvoir de la passion est tel qu'il conduit souvent les personnages jusqu'à la folie. "Dans un tel contexte, une question revient régulièrement : un héros , doué d'une liberté et d'une volonté, se doit de se révolter contre l'asservissement causé par l'amour" ( W. Troubetzkoy).

    a) Corneille :

    Chez Corneille, ce combat grandit le héros qui y gagne son honneur et sa liberté. L'amour occupe une seconde place par rapport à des valeurs plus nobles et plus viriles, comme l'honneur et la vengeance. Chez le protagoniste, la raison et le devoir l'emportent sur l'amour. "La dignité de la tragédie demande quelque intérêt d'état ou quelque passion plus noble et plus mâle que l'amour, telles sont l'ambition et la vengeance, et veut donner à craindre des malheurs plus grands que la perte d'une maîtresse. Il est à propos d'y mêler l'amour, parce qu'il a toujours beaucoup d'agrément et peut servir de fondement à ces intérêts et autres passions dont je parle ; mais il faut qu'il se contente du second rang dans le poème et leur lasse le premier" (Corneille).

    Le héros cornélien suscite l'admiration car il est maître de son destin et de ses passions. Il incarne le côté noble de l'âme humaine;

     

    b) Racine :

    Au contraire, chez Racine, l'homme est esclave de ses passions.  Comme dans le théâtre antique, l'homme est victime de son destin, il se sent coupable mais soumis à une fatalité qui le dépasse. Il est faible, impuissant, incapable de se soustraire à sa passion. Cette vision pessimiste de l'homme est fortement influencée par l'éducation janséniste de Racine : ses tragédies illustrent la misère de l'homme abandonné de Dieu.

     

    Qu'avez-vous retenu ?

    1. Où et quand la tragédie voit-elle le jour?
    2. Quelles étaient ses fonctions principales?
    3. Pouvez-vous citer le nom de trois dramaturges grecs de cette époque?
    4. Quel philosophe antique a écrit un ouvrage sur la littérature qui sert encore de référence de nos jours? 
    5. Comment cet essai s'intitule-t-il?
    6. Quelles sont les caractéristiques de la tragédie antique?
    7. Comment peut-on définir le tragique?
    8. Quelles règles régissent le théâtre au XVIIe siècle ?
    9. Qu'en pensent les différents auteurs?
    10. Qu'est-ce qui différencie les héros de Corneille des héros de Racine?

     

    Sources :

    1. Poétique, Aristote-Editions du livre de poche classique.
    2. Le Théâtre, problématiques essentielles, Michel Viegnes- Profil Histoire Littéraire, Hatier.
    3. Histoire des spectacles,  sous la direction de Guy Dumur- Encyclopédie de La Pléiade.
    4. Littérature comparée, sous la direction de Didier Souiller et Wladimir Troubetzkoy- Presses Universitaires de France.

     


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