• Biographie

     

    Jean Giraudoux

     

     

    " Je réclame le droit pour les hommes d'être un peu seuls sur cette terre."

     

    Jeunesse et Formation

    Naissance à Bellac, en Haute-Vienne, le 29 octobre 1882.

    - Famille d'origine modeste.

    - Admis en 1893 comme boursier au Lycée de Châteauroux. Élève brillant. 

    - Passionné par les auteurs grecs et latins qui inspireront son oeuvre ( Elpénor, La Guerre de Troie, Electre, Amphitryon  38)Son théâtre est en effet très littéraire.

    - Il éprouve parallèlement une grande admiration pour les auteurs classiques comme Racine, Molière et La Fontaine qui le marqueront d'une empreinte durable.

    - Après ses humanités, il poursuit ses études supérieures de Lettres au Lycée Lakanal à Sceaux, où il s'éprend du monde germanique sous l'influence de son professeur, Charles Andler.

    - 1903 : il intègre l'Ecole Normale Supérieure  où il poursuit ses études germaniques. En 1906, il obtient une bourse pour l'Allemagne et s'emploie comme précepteur dans une famille princière à Heidelberg. Il tente  de rapprocher et d'établir un lien entre la sensibilité et la raison  des nations allemande et française. Il pense que ce sont deux cultures complémentaires.

    Voyage aux Etats-Unis : lecteur à l'Université d'Harvard. Il raconte cette expérience américaine dans L'Ecole des Indifférents en 1909.

    - 1907 : retour à Paris où il fréquente les écrivains et les journalistes.  Il publie une chronique régulière dans le journal Le Matin.  En 1909, Grasset publie son recueil de nouvelles Provinciales.

    Licencié ès lettres avec mention Très Bien, diplômé d'études supérieures d'allemand, Giraudoux interrompt une agrégation d'allemand dont "le programme l'ennuie" et se tourne du côté du concours de Chancelleries.

    1910 : reçu premier  au concours des chancelleries, il entame une carrière diplomatique au Ministère des Affaires Etrangères.

    - 1914 : Giraudoux est mobilisé en tant que sergent. Il désapprouve la guerre mais il s'y engage avec responsabilité. "Il n'aime pas la guerre, mais il la fait, comme tout le reste, avec conscience. Il combat en Alsace, reçoit sa première blessure, est soigné à Bordeaux, devient sous-lieutenant. Son récit de la bataille de la Marne, Les cinq soirs et les cinq réveils de la Marne, est un document poignant. On y trouve , parmi tant d'autres traits pris sur le vif, ce détail que Giraudoux n'oubliera pas, le soldat qui a perdu la mémoire. L'expédition des Dardanelles, d'où il fut évacué avec une balle dans la hanche, lui inspira les belles pages de Lectures pour une ombre. Il n'aime pas les médailles , mais il est cité et décoré. (...) De l'épreuve de la guerre datent ses premiers grands livres,  Lecture pour une ombre (1917), America America (1919) et Adorable Clio (1920), où, sans le réalisme brutal qui était de mise à l'époque, il évoque les misères et les souffrances de ces quatre années. C'est déjà, avec je ne sais quoi de plus sobre et de plus retenu, l'accent d'Hector, dans La Guerre de Troie n'aura pas lieu. " ( Etienne Frois- La Guerre de Troie...- Hatier- 1971)

    - Après la guerre, en 1918, il se marie. Naissance de son fils, Jean-Pierre, en 1919.  Double carrière d'écrivain et de haut fonctionnaire.

     

    Le Romancier

    - Romancier et dramaturge, il publie d'abord des romans qui le rendront célèbre tant en France qu'à l'étranger, où il offre sa vision du monde étroitement mêlée à un univers imaginaire et poétique qui lui est propre, comme dans Simon le Pathétique (1918) , roman proche de l' autobiographie,  Suzanne et le Pacifique ( 1921), Siegfried et le Limousin ( 1922) , Juliette au pays des hommes(1924) , Bella (1926) ou encore Eglantine (1927). Les personnages féminins de Giraudoux incarnent par leur grâce, leur légèreté, leur lien étroit avec la nature, l'univers fantaisiste de l'écrivain, qui n'est pas sans rappeler les contes romantiques allemands. Ses romans , en effet, échappent au réalisme, à l'analyse psychologique et même, contiennent très peu d'action.

    Quel lien entre les romans de Giraudoux, la tragédie classique et un mauvais film américain?

    Bien des critiques ont reproché à Giraudoux son "inadaptation au réel", un monde trop parfait, trop verni, " un monde cousin de Purilia, ce monde parfait du cinéma, où les téléphones sont blancs et les comptes en banque inépuisables, les femmes vernies dans la jungle et les hommes rasés après huit jours sur un radeau. Mais le monde de Purilia, toutes proportions gardées, c'est un peu le monde classique. Les téléphones blancs et les comptes en banque inépuisables jouent les mêmes rôles que les palais, les serviteurs muets et le partage des rôles en rois et reines dans la tragédie : gommer autour du héros toutes les servitudes de l'argent ou du métier, pour arriver à peindre des passions pures, des conflits purs. Notre réprobation, dans le cas de Purilia, vient alors de la bassesse des moyens employés pour combler ce vieux rêve d'un amour entièrement libre, d'une passion menée jusqu'au bout. Mais ce ne sont que des moyens , car jamais le pire cinéma américain n'a songé à faire son but de la contemplation  d'un monde désincarné. Il s'agit seulement de déblayer le terrain, comme dans les "saloons" avant une rixe, pour permettre aux héros de coucher ensemble ou de se tuer dans les conditions optima de liberté et de confort (...). Cependant, rien de semblable chez Giraudoux, où les passions ne jouent guère de rôle, où les gens passent beaucoup plus de temps à caresser des animaux, à s'asseoir sur des bancs, à rêver sur des statistique qu'à coucher ensemble ou à se tuer. (...) Qu'y gagne-t-il donc ? Rien, si le décor est le décor, l'action l'action. Tout, si le décor devient l'action, si le moyen dans Purilia devient la fin chez Giraudoux, si en un mot le but suprême de cet étrange romancier n'est pas la conduite d'une action à laquelle on prétendrait scélératement nous faire croire, mais la construction d'un univers dont l'existence est le seul enjeu du livre.  Les passions, elles sont entre l'auteur et ses personnages, les ruptures sont celles du monde du livre avec la réalité, et le baiser final, c'est le lecteur qui le reçoit." ( Chris Marker- Giraudoux, collection "écrivains de toujours", éditions du Seuil, 1978).

    Le Dramaturge

    - Très rapidement, Jjean Giraudoux se lance dans l'écriture de pièces de théâtre. Il s'y consacrera presque exclusivement jusqu'à la fin de sa vie, en 1944. Sa rencontre avec le comédien et metteur en scène Louis Jouvet sera déterminante. Leur première collaboration, avec Siegfred, marquera l'histoire du théâtre français, " au même titre que la première du Cid, d' Andromaque, d'Hernani ou de Cyrano. Le succès fut immédiat. Dès le lendemain, la critique saluait l'auteur qui rompait délibérément avec le théâtre commercial, et rendait à la poésie et aux Lettres leur droit de cité sur la scène". (E. Frois)

    Par la suiteJouvet montera et interprétera quasiment toutes les pièces de Giraudoux, d'abord à la Comédie des Champs-Elysées, puis au théâtre de l'Athénée. L'auteur avait une telle confiance dans le metteur en scène qui, dès le début, sut traduire sur scène la magie de son texte, qu'il supprima progressivement toute disdascalie d'indication de scène dans ses manuscrits. Leur collaboration donnera de nombreux fruits  et de nombreux succès : AmphitryonIntermezzoLa Guerre de Troie,OndineElectreLa Folle de Chaillot ( qu'il ne pourra totalement achever avant sa mort, et que Jouvet mettra en scène postérieurement, en 1945).


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