• Biographie

    L'Auteur

    Henri Beyle, dit Stendhal

     

    Enfance et Formation : l'adoration de la mère et la haine du père

    Stendhal, de son vrai nom Marie-Henri Beyle,  est né à Grenoble le 23 janvier 1783. Son père, Chérubin Beyle,  est avocat au parlement de Grenoble. Ses deux soeurs , Pauline ( sa préférée) et Zénaïde ( "la rapporteuse" avec qui il ne s'entend pas du tout) , naissent respectivement en 1786 et 1788. Il n'a pas sept ans quand  il perd sa mère à qui il vouait une véritable adoration : " Ma mère, madame Henriette Gagnon, était une femme charmante et j'étais amoureux de ma mère (...) Je voulais couvrir ma mère de baisers et qu'il n'y eût pas de vêtements. Elle m'aimait à la passion et m'embrassais souvent(...) J'abhorrais mon père quand il venait interrompre nos baisers (...) Il y a quarante-cinq ans que j'ai perdu ce que j'aimais le plus au monde" ( Stendhal : Vie de Henry Brulard)

    Après le décès de sa mère, son père, pour lequel il n'éprouve aucune affection, le place sous l'autorité tyrannique de l'abbé Raillane. Le petit Henri souffre beaucoup de la dureté d'un père qu'il juge mesquin , de la méchanceté de sa tante Séraphie, et de l'éducation répressive de son précepteur.

     

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                L'Abbé Raillane                                                 Chérubin Beyle

    L'Abbé Raillane est un jésuite austère et intransigeant qui adopte des méthodes éducatives radicales : avec l'accord de Chérubin Beyle, il interdit à son jeune élève tout contact avec des enfants de son âge. Dans son récit autobiographique, Vie de Henry Brulard, Stendhal exprime tout son ressentiment : "Ils ont emprisonné mon enfance dans toute l'énergie du mot emprisonner. Ils avaient des visages sévères et m'ont constamment empêché d'échanger un mot avec des enfants de mon âge".

    Il préfère son grand-père maternel, sur lequel il reporte toute son affection et qui va fortement l'influencer. Henri Gagnon est une personnalité importante de Grenoble : gagné aux idéaux de la révolution et adepte des philosophes des Lumières,  il va lui en faire partager les valeurs. Il se charge également de parfaire son éducation et de développer sa sensibilité. Si le petit Henri approuve l'exécution de Louis XVI, ce n'est pas uniquement par patriotisme républicain, c'est aussi parce que toute autorité bafouée, tout pouvoir abusif anéanti, lui rappellent sa lutte personnelle contre l'image dominatrice du père détesté.

    En 1796, il entre à l'Ecole centrale de Grenoble et se passionne pour les mathématiques. Il obtient le premier prix en cours supérieur de Mathématiques. Celles-ci lui permettront de poursuivre ses études à Paris et de fuir ainsi l'univers paternel Il prépare le concours de l'Ecole polytechnique mais renonce finalement à le présenter : l'aventure l'appelle, ainsi que son intérêt pour le jeune Napoléon Bonaparte, qu'il servira jusqu'à la chute de l'Empire. Son cousin,  Pierre Daru, lui obtient un poste de secrétaire au ministère de la guerre. 

    L'Auteur

    Le Général Bonaparte

    L'Aventure napoléonienne

    Mais le jeune homme bouillonnant s'ennuie et, en 1800, il s'engage dans l'armée d'Italie pour suivre Napoléon. Il est nommé sous-lieutenant au 6e Dragons .

     Ses deux héros, Fabrice del Dongo, dans La Chartreuse de Parme , et Julien Sorel, dans Le Rouge et Le Noir, partageront une même passion pour le futur empereur.  A  son retour en France, il est nommé officier d'intendance. En 1812, il suit la campagne de Russie et assiste à l'incendie de Moscou.

     

    L'Aventure italienne

    L'italie jouera un rôle déterminant dans l'existence et dans l'oeuvre de Stendhal. Il la considère comme sa patrie de coeur. Lassé de la vie militaire, attiré par les arts et la vie mondaine, il abandonne l'armée et, à la Restauration,  s'installe à Milan où il séjournera de 1814 à 1821.  C'est un véritable coup de foudre  pour cette terre qui devient sa seconde patrie, à tel point qu'il projette de faire inscrire sur sa tombe : "Henri Beyle, milanais" . "L'Italie restera toujours sa terre d'élection car on y a le culte de la beauté, de l'amour, de la musique et des grandes passions qui, pour lui, sont des composantes essentielles et indissociables du bonheur tel qu'il aime en faire "la chasse". "  (Patrick Laudet- Le Rouge et le Noir- Ed. Nathan).

    En 1817, il publie une Histoire de la peinture en Italie, Rome, Naples et Florence. Il adopte alors, comme nom de plume, Stendhal.

    Suspecté de libéralisme par les autorités autrichiennes qui gouvernent la ville, il doit quitter Milan en 1821. Mais son retour en France est décevant et difficile : il ne parvient pas à s'intégrer dans les salons littéraires ni à vivre de ses écrits. Endetté, il accepte un poste de consul à Tieste puis à Cività-Vecchia. 

    L'Italie occupe une place importante dans l'oeuvre de Stendhal :

    1823 : Vie de Rossini

    1829 : Promenades dans Rome

    1837 : deux de ses Chroniques italiennes, Vittoria Accoramboni et Les Cenci.

    1839 : La Chartreuse de Parme

     

    Stendhal et les femmes :

    Stendhal a toujours entretenu des rapports passionnels et difficiles avec les femmes. En commençant par l'amour presque incestueux qu'il éprouve pour sa mère, il ne cessera tout au long de son existence de multiplier les conquêtes féminines sans jamais cesser de souffrir des ruptures successives. Stendhal est un grand timide , un amant possessif mais aussi un amoureux platonique ainsi qu'un théoricien de l'amour.

    Dans son oeuvre littéraire, les personnages apparaissent sous des facettes différentes, capables d'exprimer les émotions et sensations différentes qu'il a éprouvées au contact de ses maîtresses ou des femmes adorées. Dans deux de ses plus célèbres romans, on retrouve l'image  de la femme maternelle, plus âgée que le jeune héros ( ce qui n'a rien de surprenant si l'on pense à la passion frustrée que Stendhal éprouvait pour sa mère), femme passionnément aimée et vénérée avec laquelle le personnage fait son éducation amoureuse : Mme de Rênal, dans Le Rouge et Le Noir, et la duchesse Sanseverina, dans La Chartreuse de Parme.

     

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        Julien et Mme de Rênal                                              Fabrice et Gina, duchesse Sanseverina

    (G. Philippe et Danielle Darieux)                                    ( Rodrigo Guirao Diaz et Marie-José Croze)

      

    Julien vit également un amour cérébral et impétueux avec Mathilde de La Mole : "L'opposition entre deux femmes, toutes deux amoureuses du héros, est fréquente chez Stendhal. Lorsqu'il découvre Mathilde, au chap. II 2, Julien compare ses regards , qui brillent "du feu de la saillie", à ceux de Mme de Rênal, qui s'animaient "du feu des passions". Les deux amoureuses sont de natures différentes. Mme de Rênal est naturelle (...) Mathilde ne présente pas le même abandon, ni la même sensualité. Elle est un esprit avant d'être une femme (...) De cette différence de caractère naissent deux amours opposés (...) Selon les distinctions opérées par Stendhal dans De l'Amour, l'amour de Mme de Rênal est un amour passion, celui de Mathilde un amour de vanité." (Marie de Gandt)

    L'Auteur                  L'Auteur

     Film de J.D Verhaeghe, avec Kim Rossi Stuart ( Julien), Carole Bouquet ( Mme de Rênal) et Judith Godrèche ( Mathilde)

     

    Les amours et liaisons de Stendhal sont nombreuses et révèlent son extrême sensibilité mais aussi son intelligence très critique :

    • Tout d'abord, l'amour exclusif pour sa mère, le premier amour de sa vie, un complexe d'Oedipe très développé : "C'est la toute première femme aimée, celle dont l'image sans cesse idéalisée accompagnera toute sa vie d'homme et d'écrivain".   

    (http://www.lectura.fr/expositions/stendhal/default.html)

    • Virginie Kubly  : son goût prononcé pour le théâtre et l'opéra le conduit à s'éprendre d'une jeune comédienne qu'il a vue en représentation et qui provoque en lui les premiers émois amoureux : "Il n'y avait qu'un être au monde : Mlle Kubly, qu'un événement : devait-elle jouer ce soir là ou le lendemain? (...) Je n'osais pas prononce le nom de Mlle Kubly ; si quelqu'un la nommait devant moi, je sentais un mouvement singulier près du coeur, j'étais sur le point de tomber. Il y avait comme une tempête dans mon sang." ( Stendhal, Vie de Henry Brulard)

            La comédienne, qui joue également dans des opéras, lui inspire un tel amour qu'il suscite en lui             le désir de s'essayer au chant ainsi qu'à la musique, mais sans succès !

     

    L'Auteur

    Angela Pietragrua, "la catin sublime" : la passion dévastatrice

    • Angela Pietragrua, la passion dévastatrice :En 1800, il rencontre à Milan Angela Pietragua, une femme brune et voluptueuse et qui est la maîtresse d'un de ses amis. Cet amour secret et silencieux se concrétisera en 1811. Il entretiendra avec elle une liaison mouvementée faite de séparations et de réconciliations. A la dernière rupture, il envisage le suicide.

     

    L'Auteur

    Victorine Mounier : l'amour idéalisé

    • Victorine Mounier, l'amour idéalisé : Alors que le coeur de Stendhal est partagé entre l'amour platonique qu'il éprouve pour sa cousine Adèle Rebuffel et la violente attraction qu'il ressent pour la mère de celle-ci, avec laquelle il aura une relation charnelle, il tombe très amoureux de Victorine Mounier, la soeur d'un ami rencontrée à Grenoble. Ne la connaissant que de loin, il brode en imagination sur les espaces inconnus de sa vie et lui prête mille qualités. Il écrit à son frère, espérant que celui-ci lui communiquera ses lettres, avant de s'adresser directement à Victorine. Mais elle ne répondra pas à ses lettres.

     

    • Mélanie Guilbert, l'échec de la vie en couple : En 1804, Stendhal s'éprend d'une jeune actrice, Mélanie Guilbert, qu'il s'empresse de rejoindre à Marseille où elle a été engagée. Après une cour timide, il connaîtra avec elle, durant un an,  son unique expérience de vie en couple. Mais la vie commune finit par le lasser. Il lui reproche sa bêtise, son esprit tyrannique et plaintif. Elle le quitte en juillet 1806. Il décide alors d'abandonner Marseille où il s'ennuie pour retourner à Brunswick.

     

     

     

     

     

    L'Auteur

    • Wilhelmine von Griesheim , un souvenir persistant : Alors qu'il séjourne à Brunswick, Stendhal tombe amoureux de Wilhelmine, la fille de l'ancien gouverneur, qu'il appelle "Mina". Bien qu'il fréquente d'autres femmes, il éprouve de forts sentiments pour elle et "se croit heureux". Pourtant, il n'aime ni l'Allemagne ni la nourriture qu'on y goûte, et qui "rendrait flegmatique l'homme le plus emporté."

     

     

    L'Auteur

    • Alexandrine Daru, l'amour vain :  Alors qu'il travaille à Vienne sous les ordres de son cousin Martial Daru, il pense plaire à l'épouse du frère de celui, Pierre Daru. Mais Alexandrine n'éprouve que de l'amitié pour lui. Comme toujours, il ne sait comment faire sa cour, mais après de longs tourments, et après avoir cherché à interpréter le moindre geste de la jeune femme comme une preuve d'intérêt pour lui, il se lance et lui déclare son amour. Alors qu'elle le repousse gentiment, il se retire, partagé entre son chagrin et le soulagement de ne plus avoir le remords de ne pas oser.

     

    • Angela Pietragrua, la renaissance d'une ancienne passion : Quand il arrive à Milan le 7 septembre, la passion silencieuse qu'il avait éprouvée pour Angela Pietragua, la maîtresse du commissaire des guerres Louis Joinville, renaît de ses cendres : "Je ne puis faire un pas dans Milan sans reconnaitre quelque chose, et, il y a onze ans, j'aimais ce quelque chose parce qu'il appartenait à la ville qu'elle habitait". Ils se fréquentent avec régularité et, le 12 septembre, il finit par lui avouer ses sentiments après une longue hésitation craintive qui le rend furieux contre lui-même. Ils deviennent amants mais leur relation est tourmentée : elle prétend craindre que son mari n'en vienne à découvrir leur liaison, il la soupçonne d'avoir un autre amant. Après plusieurs séparations, Angela met un terme définitif à cette relation. Il pense à se brûler la cervelle mais se réfugie dans le travail.

     

     

    L'Auteur

                                                                   Matilde Dembowski : l'amour malheureux

    •  Matilde Dembowski, qu'il surnomme "Métilde", son plus grand amour (unilatéral semble-t-il) : Durant trois ans, jusqu'en 1821, il éprouve une passion dévorante pour Métilde, un amour malheureux  :son admiration pour elle le paralyse de timidité, qu'il tente de surmonter , mais il commet maladresse sur  maladresse : " Mon amour propre, mon intérêt, mon moi avaient disparu en présence de la personne aimée. J'étais transformé en elle", écrit-il. A Mathilde, il déclare :" Je n'ai jamais eu le talent de séduire qu'envers les femmes que je n'aimais pas du tout. Dès que j'aime, je deviens timide et vous pouvez en juger par le décontenencement dont je suis auprès de vous". Si au début, Mathilde semble sensible à cette passion maladroite, elle se refroidit très rapidement , influencée par sa cousine qui lui dépeint Stendhal comme un homme à femmes , aux multiples liaisons. Obnubilé par elle, il ira jusqu'à la suivre, caché sous un déguisement, ce qu'elle aura beaucoup de mal à lui pardonner magré de nombreuses lettres d'excuses. En juin 1821, il doit retourner à Paris après le décès de son père. Ses adieux à Mathilde sont destructeurs :" Je quittais après trois ans d'intimité une femme que j'adorais, qui m'aimait et qui ne s'est jamais donnée à moi."

             Cette expérience profondément perturbante est à l'origine de son célèbre essai sur la passion                  amoureuse,  De L'Amour, où il décrit minutieusement chacune des étapes de ce qu'il appelle "la            cristallisation amoureuse".

     

     

     

    L'Auteur

    • Clémentine Curial, surnommée "Menti", l'amour passionnel qui le guérira du souvenir douloureux de Métilde : Stendhal restera longtemps meurtri et solitaire après sa rupture avec Métilde. Il fait alors la connaissance, en 1821, de Clémentine Curial, la fille de son amie la comtesse Beugnot et avec laquelle il entame une relation passionnée. Ils s'aiment et se déchirent. C'est elle qui lui permettra finalement d'oublier Métilde. Mais Clémentine rompt brutalement avec lui.

     

     

     

    L'Auteur

    • Alberthe de Rubempré, cousine de Delacroix, surnommée "Madame Azur", une relation brève et charnelle: c'est avec cette jeune femme qu'il surmonte son chagrin.  Alberthe est d'une grande beauté. C'est aussi une femme libre : elle devient sa maîtresse et lui apporte un amour frénétique. Ils entretiennent une relation brève et torride. Mais au retour d'un voyage en Espagne, il découvre qu'elle a pris son ami Mareste pour amant.

     

     

     

    L'Auteur

    • Giulia Rinieri, l'amoureuse dévouée : c'est elle qui lui déclarera son amour : "je sais bien et depuis longtemps que tu es laid et vieux, mais je t'aime". Stendhal vivra un amour de  dix longues années avec Giuila Rinieri, qui se contentera d'être sa maîtresse puisque le tuteur de celle-ci refusera d'accorder sa main au romancier. " Il n'y a que les femmes à grand caractère qui puissent faire mon bonheur", déclare-t-il , ajoutant que de toutes les femmes qu'il a aimées, "Giula l'a emporté ce me semble par la force du caractère, tandis qu'au premier moment elle semblait la plus faible". Il assistera à la révolution de Juillet, la nuit du 29 juillet 1830, depuis le balcon de la maison où loge Giulia.

             Leur liaison se terminera en juin 1833, lorsque Giulia sera contrainte de se marier.

     

    La création littéraire :

    • Stendhal rédige tout d'abord des ouvrages critiques et des biographies, lors de son séjour milanais durant lequel il entretient des liaisons amoureuses avec de belles italiennes et fréquente les milieux libéraux. Il publie Vie de Haydn, de Mozart et de Métastase (1814), Vie de Napoléon (1816), Histoire de la peinture en Italie, et Rome, Naples et Florence (1817).
    • En 1821, soupçonné de carbonarisme et pourchassé par la police autrichienne, il revient s'installer à Paris où il fréquente les salons sans parvenir à se faire un nom dans les milieux littéraires. Son essai De l'Amouroù il dissèque et analyse le nécanisme de la passion après une liaison malheureuse, et qu'il considère  comme son meilleur ouvrage, n'obtient pas le succès escompté. Alors qu'il avait consacré sa vie à l'amour et à l'ambition, il préfère se dédier à l'écriture. Dans son journal, il écrit dans ce franglais si particulier qui le caractérise : "Plus d'happiness for me without travail".
    • En 1823, il publie Racine et Shakespeare où il prend part pour le romantisme.
    • 1827, premier roman : Armance. Le succès n'arrive toujours pas. Stendhal se sent incompris et prétend écrire pour le siècle suivant  où ses lecteurs seront sans doute plus réceptifs. Il se donne pour ambition d'"être lu en 1935".
    • En 1829, l'affaire du séminariste Berthet, condamné à mort à Grenoble pour l'assassinat de sa maîtresse en 1827, et celle de l'ébéniste Lafargue, qui a également tué la femme qu'il aimait, lui donnent l'idée d'un roman et lui fournissent un début de trame pour Le Rouge et Le Noir. Le livre est publié en 1830 alors qu'il a déjà quitté la France. Ce roman suscite un certain intérêt mais il déconcerte.
    • En 1830, endetté, miné par ses échecs amoureux et littéraires, il est nommé consul à Civitavecchia dans les états pontificaux. Il accepte cette charge qui l'ennuie à cause de la ruine de son père et parce qu'il est très endetté.. Il entreprend la rédaction de plusieurs ouvrages qu'il n'achèvera pas : Souvenirs d'égotisme, Lucien Leuwen et Vie de Henry Brulard, son autobiographie.
    • En 1939, il s'enferme deux mois et rédige d'une traite La Chartreuse deParme, qui suscitera l'admiration de Balzac bien qu'il en critiqua l'agencement.
    • Il s'attaque enfin à de courts récits  tragiques qui seront réunis sous le titre de Chroniques italiennes.
    • De retour en Italie où il doit reprendre son poste, il commence un autre roman qui demeurera inachevé : Lamiel. 
    • En 1841, il revient à Paris affaibli par la maladie. 
    • Il meurt le 22 mars 1842, à 49 ans, foudroyé dans la rue par une crise d'apoplexie.
    • Il restera relativement méconnu de son vivant. Ce n'est qu'après sa mort que Les Happy Few, "ces amis inconnus" pour lesquels il écrivait, lui rendront un véritable culte. En effet, découverte réellement à la fin du XIXe siècle, son oeuvre connaîtra enfin un succès retentissant, jamais démenti depuis.

     Sur sa tombe, à Montmarte, on peut lire :

    Henri Beyle, milanais, j'ai écrit, j'ai aimé, j'ai observé.

     

    Beylisme et égotisme : "la chasse au bonheur"

     

     L'oeuvre de Stenhal, aussi éclectique et discontinue soit-elle, relève en réalité d'un seul but : la quête du moi. De romans en critiques, en biographies, Stendhal n'a cherché qu'à approfondir la vérité intime de son être. "Ainsi, les romans prolongent-ils l'autobiographie qui les irrigue abondamment ; c'est quand s'arrête la Vie de Henry Brulard, à l'arrivée des Français à Milan, que commence La Chartreuse de Parme, terme le plus accompli et le plus pur de cette quête dont Le Rouge n'est encore qu'une étape." ( Patrick Laudet).  

    Incompris de son temps, Stendhal se voue à l'égotisme, ce que l'on peut interpréter à la fois comme un culte du moi, et la recherche implacable du bonheur dans le mépris le plus total de l'opinion d'autrui. Stendhal est partout dans son oeuvre, qui est abondamment  nourrie de son existence mais aussi de ses rêves et de ses aspirations. On trouve davantage de lui-même dans ses romans que dans  sa propre vie :" Ses nombreux insuccès , littéraires comme sentimentaux, la médiocrité de la vie de celui qui ne sera jamais ni un grand militaire, ni un brillant mondain, ni un diplomate reconnu expliquent peut-être à quel point il a vécu comme peu d'auteurs à travers la destinée de ses héros." (Patrick Laudet)

    Stendhal est ainsi doublement présent dans son oeuvre : d'abord, parce qu'il ne s'efface jamais totalement devant ses personnages qu'il juge explicitement et dont il se moque avec tendresse. Ensuite, parce que ses personnages lui ressemblent et le complètent : "Julien Sorel, Fabrice del Dongo, Lucien Leuwen, sont des Stendhal possibles, nés à la fois des souvenirs  et des rêves de leur auteur, plus brillants, plus entreprenants, plus séduisants que le jeune Henri Beyle, menant une vie plus mouvementée, plus dramatique et plus passionnante que la sienne (...) Quant à ses héroïnes, ou bien elles lui ressemblent elles aussi ( Mathile de la Mole et la Sanseverina illustrent son "*espagnolisme"), ou bien elles incarnent un type de femme bien différent, qu'il aimait et dont il aurait voulu être aimé (Madame de Rênal, Clelia Conti). ( Lagarde et Michard)

    *espagnolisme : élan "donquichottesque" de l'âme, goût pour les grands sentiments, les belles actions et la générosité qui tire l'homme des petitesses ; don d'assumer sa nature en dépit de l'opinion publique et même du ridicule.

    Le Beylisme, c'est donc une conception de la vie, un art de vivre, l'ensemble des valeurs stendhaliennes  qui concourent toutes à la chasse au bonheur, dans un désir de vivre la vie avec passion, dans un culte du moi , avec un individualisme  qui va jusqu'à l'égotisme  : se détacher des contingences, de l'opinion d'autrui, pour s'enrichir de passions sincères et exaltantes. 

    La "virtù" distingue les héros stendhaliens du vulgaire : ce mot italien est à rapprocher de son étymologie latine : virtus, c'est la force virile. La virtù est une morale qui dépasse toutes les autres, c'est celle de la valeur, du courage, qui caractérise les âmes énergiques et qui les anime, dans les nombreuses luttes que soutient leur passion intense ou leur ambition, contre les obstacles, les préjugés, contre la morale même.

     

    L'Auteur

    Fabrice  del Dongo et La Sanseverina

     

    L'Auteur

    Fabrice del Dongo et Clelia Conti

      

    L'Auteur  

    Mathilde de La Môle

     

    L'Auteur

    Mme de Rênal et Julien Sorel

     

    Sources :

     

     

     

     
     

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